CECI EST MON CORPS…

Il nous est tous arrivé de vivre le moment de la séparation avec quelqu’un que nous avons aimé. (… ) Aujourd’hui, ce sont les disciples de Jésus qui vivent ce dîner d’adieu ; et comme nous souvent en pareil cas, ils ont gardé le silence.  Comme nous, ils ont du mal à comprendre que Jésus va mourir.

Mais aujourd’hui Jésus nous annonce un départ qui n’en est pas tout à fait un : c’est un départ, car il ne sera plus présent de la même manière, sur les routes de Galilée ou dans le temple de Jérusalem; mais, il demeurera au milieu des hommes : « Vous me verrez vivant », leur dit-il.  Aussi, il ne leur demande pas d’emmagasiner des souvenirs ou d’apprendre par cœur ce qu’il leur a dit.  Ils n’au­ront pas à fermer les yeux pour se souvenir de lui, mais, au contraire, à les ouvrir bien grands pour le contempler et le reconnaître.  Et ce soir, Jésus nous révèle deux rencontres privilégiées que nous pour­rons toujours avoir avec Lui.

CECI EST MON CORPS…

La première rencontre à laquelle il nous invite est celle de la célébration eucharistique.  « Jésus prit du pain, puis ayant rendu grâce, il le rompit et dit ceci est mon corps qui est pour vous. » C’est au moment même où il nous quitte que Jésus pose l’acte dans lequel il restera présent au milieu de nous.

Nous nous sommes habitués à la communion, à la messe… nous avons répété depuis notre enfance les expressions de présence réelle, corps et sang de Jésus-Christ, parole vivante du Seigneur, commu­nion, àtel point que ces paroles n’ont peut-être plus en nous la force qu’elles devraient avoir.  La messe n’est pas l’assemblée d’une amicale des amis de Jésus venus célébrer un anniversaire en se racontant quelques épisodes de la vie de leur fon­dateur : c’est une rencontre avec Jésus lui-même, présent au milieu de nous.  Notre communion est véritablement communion au corps et au sang du Christ, c’est-à-dire à toute sa vie.  Nous courons peut-être le risque de ne plus mesurer l’impor­tance de cette rencontre et d’en faire un acte routi­nier, alors qu’elle représente de notre part un enga­gement extraordinaire : venir communier, c’est affirmer que nous faisons partie de l’unique et même famille de Dieu, ce qui présuppose la récon­ciliation et le partage avec tous.  Notre examen de conscience avant de recevoir le corps du Christ doit porter essentiellement sur la manière dont nous vivons en frère avec tous les hommes

LAVEZ-VOUS LES PIEDS…

Mais Jésus a voulu nous indiquer une seconde manière d’être en communion avec lui.  Lui, le maître et le Seigneur, prit la place du serviteur devant ses apôtres : il s’abaisse devant chacun d’eux pour leur laver les pieds.  Geste insolite pen­dant cette soirée d’adieux, qui ne sera pleinement compris qu’après le sacrifice de la croix : son amour ne se limite pas à quelques services pour les siens, mais il veut leur donner toute sa vie.  Et alors, le geste du serviteur qui lave les pieds devient le signe de tout acte d’amour pour le frère, depuis le geste quotidien du service envers l’autre jusqu’au sacrifice d’une vie entière.  « Vous devez, vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres.. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez vous aussi comme j’ai fait pour vous. »

Notre communion nous engage à vivre la condi­tion du serviteur avec ceux qui nous entourent.  Jésus n’est pas seulement présent dans le pain et le vin, mais dans le frère qui m’attend et qui a besoin de moi.  Il me demande d’ouvrir les yeux afin de Le reconnaître dans ces rendez-vous qu’il me fixe chaque jour, me rappelant que pour lui il n’y a pas des bons et des mauvais pauvres : ce n’est pas à nous de choisir en quel frère nous souhaitons ren­contrer le Christ, c’est Lui qui vient à -notre ren­contre.

Nous allons communier au corps du Christ sous la forme du pain: quelle communion sommes-nous prêts à vivre dans le service des autres ? Quels sont les rendez-vous que Jésus m’a donnés ces jours-ci: à côté de chez moi, dans mon travail ? C’est en refaisant cet acte d’amour pour un frère, cet acte que Jésus a posé ce soir-là, que je pourrais rencon­trer celui qui a été crucifié, il y a deux mille ans.

Aujourd’hui, Jésus a réuni ses amis, non pas pour leur faire ses adieux comme quelqu’un qui va mourir et quitter cette terre, mais pour leur indi­quer les rendez-vous qu’il leur donnait.  Pour un croyant, Jésus n’est pas absent, mais il faut sans cesse ouvrir nos yeux et nos cœurs pour le voir.

Extrait du site https://notredamedes3vallees.be/

Cet article, publié dans Réflexion, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Faites-nous part de vos commentaires !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s