Mt 4,1-11 du 1er dimanche de carême : quel est donc le sens véritable de ma vie ?

Et ça recommence : les trois tentations du Christ qu’on entend à chaque Carême depuis des lustres ! Les a-t-on bien actualisées cependant ?

« Ordonne que ces pierres deviennent des pains ». L’immédiateté de la satisfaction. Combien d’efforts mettons-nous à avoir tout tout de suite, et surtout comme on le veut… Cela marche pour les produits de consommation, mais aussi dans le relationnel : avec sa ou son partenaire de vie, ses enfants, ses proches, ses collègues, etc.

Réponse du Christ : Dans nos immédiatetés frustrées, il y a un trop de soi et pas assez de la Parole de Dieu qui va, elle, me demander du temps de lecture, d’assimilation, mais pour me recentrer sur l’essentiel : alimenter ma réflexion avec l’Ecriture, consommer de l’Evangile qui jamais ne déçoit et dont les fruits sont journaliers dans la mesure où je m’ordonne du temps pour les savourer…

« Jette-toi en bas et Dieu te sauvera ». Chercher la preuve rassurante, l’indice déterminant, l’explication rationnelle, l’explicatif sensé, pour croire mieux ? Impie ! Dieu n’est pas une formule mathématique, ni ne répond par des algorithmes ! Dieu est esprit et tu n’as qu’un seul mode de relation avec Dieu : la gratuité d’une amitié, d’un amour même, qui se renouvelle au jour le jour sans besoin d’attestation aucune. C’est grotesque de vouloir prouver Dieu et Ses effets par A plus B, tout comme le véritable amour, l’authentique amitié, n’est que pur don réciproque…

« Tombant à mes pieds, tu te prosternes ». Devant qui courbons-nous l’échine pour bien se faire voir, pour renflouer notre orgueil à l’aune de leurs flagorneries, pour croire briller à leurs yeux alors que ce n’est qu’éphémère quémande d’affection ? Qui sont nos « maîtres » ? De qui sommes-nous esclaves ? De qui voulons-nous l’approbation et la gloire ? Alors Christ nous crie dessus : « Arrête ! » Et Il nous rappelle que seul Dieu est à adorer dans tous les sens du terme car le vrai Dieu jamais n’esclavagise, le vrai Dieu libère, laisse libre de Lui dire oui ou non – Dieu n’est qu’Amour véritable qui construit, console, conforte, mais aussi met au défi, envoie, missionne…

Bon Car…aime !

Thierry Schelling, extrait du site https://upeauxviveschampel.ch/

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« Que votre parole soit ‘’oui’’, si c’est ‘’oui’’, ‘’non’’, si c’est ‘’non’’. Ce qui est en plus vient du Mauvais. » Mt 5, 37

Le Seigneur nous invite donc à une saine radicalité. Celle-ci a déjà été résumée par l’apôtre Paul dans sa première lettre aux Corinthiens lorsqu’il écrit qu’il n’a rien voulu savoir d’autre dans sa prédication que Jésus Christ crucifié (2,1-2). Nous retrouvons cette option digne des prophètes dans l’enseignement inaugural de Jésus. Il n’est pas venu, proclame-t-il, pour abolir la Loi de Moïse, mais pour la porter à son plus parfait accomplissement. Celui-ci passe par sa radicale ouverture à la perfection de l’amour divin, qu’il comparera à un feu brûlant (Lc.12,49). Nous sommes véritablement devant une spiritualité de la croix. L’enseignement de Jésus est une longue initiation adressée à ses disciples pour entrer avec lui dans ce long processus intérieur qui va le conduire à l’offrande de sa vie sur la croix, hors des murs de Jérusalem, c’est-à-dire dans cet ultime renoncement qui consiste à être rejeté hors du peuple de l’Alliance et à mourir de la main des païens.

Cette spiritualité est celle d’un dépassement de la simple observance sourcilleuse de la Loi par l’ouverture du cœur à la perspective de la venue imminente du Royaume de Dieu. « Je vous le dis : si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. » (Mt.5,20). Le sel de la terre ne doit pas s’affadir (5,13), mais au contraire gagner en saveur.

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Matthieu 5,13-16

Nous entendons la parole de Dieu, nous la lisons, mais l’écoutons nous vraiment ? La laissons-nous pénétrer au fond de notre cœur afin qu’elle transforme notre vie ? Afin qu’elle devienne le ferment de la vie de Dieu en nous ?  La parole de Dieu n’est pas une parole morte, c’est une parole agissante ; la pensée de Dieu n’est pas une pensée philosophique, elle est puissance de vie.  Mais il faut s’y ouvrir, il faut lui tendre l’oreille, et lui ouvrir notre cœur.

La parole ne Dieu ne se décortique pas seulement au niveau intellectuel, elle se savoure intérieurement. C’est à cette condition qu’elle peut produire son fruit de vie en nous.

La parole de Dieu ne se prend pas en petite partie, elle ne se partage pas, en ce que je veux bien prendre et ce que je refuse d’accepter ou de comprendre, elle se prend en son entier. Elle ne peut non plus être tirée de son contexte pour la réduire à notre volonté, à nos désirs personnels. La parole de Dieu est UNE, Il faut la recevoir comme telle, en demandant à Dieu la grâce de nous en  faire saisir ce qui nous dépasse. La pensée de Dieu est insondable pour l’homme, on ne peut la saisir qu’avec sa grâce. Mais pour cela il nous faut être à l’écoute, avec notre cœur, avec le désir même de nous laisser bousculer, déranger dans nos petites conceptions personnelles.

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Les Béatitudes selon Saint Matthieu

Essayons de retrouver ensemble la fraîcheur des commencements de l’Évangile, en relisant les deux premières Béatitudes.

« Heureux les pauvres de cœur, les pauvres en esprit. »

Jésus n’a pas dit :« Heureux ceux qui vivent dans la misère, heureuses les mères dont les enfants meurent de faim il a dit : »Heureux ceux qui ont un cœur de pauvre.« Car, à l’époque où Jésus a prêché, ce mot de »pauvre » avait déjà, dans son peuple, une longue histoire. Dans les textes les plus anciens, le pauvre c’était l’homme courbé, abaissé, opprimé, incapable de résister et de tenir tête, celui qui devait toujours céder aux puissants. L’accent était mis non sur l’indigence, mais sur l’humiliation du pauvre. Et c’est pourquoi le mot a pris très vite une coloration religieuse : alors que les oppresseurs (Ps) apparaissent comme des orgueilleux et des impies, le pauvre fait figure d’homme paisible, soumis, qui met sa confiance en Dieu et attend de lui son secours.

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Fermeture du secrétariat !

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