Matthieu insiste sur l’identité de Jésus, et en particulier sur son identité de « Christ » : « Tu es le Christ » (v.16) ; « … ne dire à personne que c’était lui le Christ » (v.20) ; « À partir de ce moment, Jésus Christ… » (v.21) ; et c’est sur son identité de messie souffrant qu’insiste Jésus et que Pierre refuse après avoir confessé tout haut son identité de Messie et de Fils de Dieu. C’est d’ailleurs à part, en tête à tête, qu’il le rabroue. Pierre semble avoir peur, non pas pour Jésus mais pour lui, car si Jésus inaugure ce chemin de la souffrance, lui n’est pas prêt à souffrir et il se défend, il veut sauver sa peau.
Ne pas avoir envie de souffrir, c’est normal ! Les moines de Tibhirine (dans le film de Xavier Beauvois « Des hommes et des dieux »)nous balisentce chemin d’acceptation et de patience dans lequel Dieu se révèle, par la prière et le dialogue entre frères. Jésus notre compagnon de route changera notre peur de souffrir et de mourir en confiance et en courage de marcher avec Lui. Il nous faut passer par toutes les épreuves de l’existence pour avoir part à la gloire de Dieu. L’incompréhension de Pierre, comme la nôtre, jalonne notre chemin humain, parfois facile, parfois difficile, fait de montées et de descentes, de joie et de peine. Jésus ne propose ni la mort en soi, ni la gloire en soi, il invite à ce passage de l’une à l’autre leur ouvrant, à travers leur chemin humain de souffrances et de croix, une délivrance : la résurrection, trouver sa vie, voir le Fils de l’homme venir dans sa gloire. D’ailleurs, et ce dans les trois synoptiques, l’annonce de la Passion encadre la Transfiguration (la gloire divine rendue visible sur terre). Marcher à la suite de Jésus, c’est oser la traversée.




