« L’Apocalypse et le Grand Manitou… » (méditation du Ploumtion) de Bernard Ponsgen https://wordpress.com/reader/feeds/168026047

Pays de saint Remacle

Permettez-moi de revenir sur l’actualité : Les incendies des dernières semaines, d’abord en France et en Espagne, puis chez nous dans les Fagnes, ont eu pour beaucoup un goût de fin du monde (rares sont d’ailleurs les journaux qui n’aient utilisé, à tort, le mot « apocalypse »). Et sans aller jusque-là, ces incendies ont manifesté notre petitesse, la fragilité de notre environnement, la brièveté de nos attachements… les paysages que nous aimons, nos maisons, ceux qui les habitent, nos familles, nos amis, nos souvenirs, nos vies… Tout cela se révèle tout-à-coup fragile, périssable. Et l’on peut comprendre notre désarroi, et nos rêves de solution surnaturelle :

J’ai entendu : « Mais qu’est-ce que Dieu attend pour éteindre ce feu ? c’est tellement facile pour Lui ! – Il pourrait quand même faire pleuvoir un bon coup, avec toutes les prières que j’ai faites pour ça ! » 

Ces braves gens-là, ils doivent être contents maintenant : il a plu ! Mais après l’incendie…

Cela me rappelait cette vielle dame pas loin de chez nous, quand il y avait des étés caniculaires et  que tout le monde souffrait des grandes chaleurs, elle prenait la statue de la Vierge qui trônait dans sa chambre et elle la déposait au milieu de la pelouse, en plein soleil, et elle lui disait : « voilà, tu restes là toute la journée et tu vas voir ce que c’est que d’avoir chaud, et tu seras bien obligée de faire quelque chose pour nous ! »

Mais d’où nous vient cette bouffée de paganisme qui nous fait remplacer le Dieu de Jésus-Christ par Zeus ou le Grand Manitou ?!

« Monsieur l’abbé, vous n’êtes pas un croyant ! »

Si ! mais pas en ce Dieu-là, un Dieu magicien. Notre Dieu n’est tout-puissant que de l’Amour. Comment pouvons-nous l’oublier ? Notre Dieu est Amour. Il n’est qu’Amour. Sa force, son pouvoir, son action, son dessein, c’est l’Amour…

Par amour, il a tout créé.

Par amour, il a confié sa création à l’homme.

->Que fait l’homme de sa création ? Il la détruit !

Qui bouleverse le climat ? Qui entraîne la création à sa perte ? Qui allume les feux ? Qui préfère fabriquer des armes plutôt que des canadairs ou de prendre soin de la nature ? Serait-ce Dieu ?

Par amour, il se met du côté de ceux qui souffrent et sont attristés des destructions dues aux flammes.

Par amour, il soutient les sapeurs-pompiers et leurs familles.

Par amour, il fait se lever des centaines de bénévoles… il suscite des élans de générosité et de partage. Il inspire des actions à ceux qui ont le pouvoir de changer les choses.

Et nous venons lui faire un procès ? Nous venons lui reprocher de ne pas ouvrir un grand robinet magique qui éteindrait le feu qu’il aurait lui-même autorisé ?!

Le Christ est venu allumer un feu sur la terre, c’est vrai, mais pas un feu de destruction ou de haine : c’est le feu de l’Amour. 

Venons manger le pain de l’Amour, laissons Dieu être Dieu, et travaillons avec Lui, c’est à dire avec l’Amour, à éteindre nous-même les feux d’injustice que nous allumons par notre inconséquence ou notre indifférence !

Le Ploumtion

…et quand on aura trop d’eau et des inondations :

Publié dans Réflexion | Tagué , | Laisser un commentaire

Mt 16, 13-20 (Ré)-apprendre à parler

Un passage bien connu des Evangiles, un moment, où nous le savons bien la relation entre Jésus et ses disciples change de nature, de par ce qui s’échange entre eux. L’occasion pour nous, certainement, de nous poser la question qu’adresse Jésus à ses premiers disciples : « Pour vous, qui suis-je ? ». Mais pourquoi ne pas se rendre également attentifs à la manière dont se déroule cette scène. Comment Jésus et ses disciples s’échangent, entre eux, des paroles. Se trouve là, peut-être, la possibilité pour nous d’habiter plus librement notre existence, de nous découvrir « êtres de parole ». Nous pouvons devenir bénédictions pour notre société. Cette société qui, peu à peu, hormis sur le plan de la transaction économique, rend nos échanges de parole de plus en plus souples, réversibles, substituables et, au bout du compte, inconsistants. N’avons-nous pas, tous ensemble, à retrouver le sens de la promesse, comme le disait Hannah Arendt, la philosophe politique, dans son livre la Condition de l’homme moderne (1961) « Contre l’imprévisibilité, contre la chaotique incertitude de l’avenir, le remède se trouve dans la faculté de faire et de tenir des promesses ».Découvrons le chemin que propose le Seigneur Jésus.

Lire la suite
Publié dans Réflexion | Tagué | Laisser un commentaire

Marie, femme d’action selon le projet de Dieu – Assomption de la Vierge Marie

Homélie dans la maison de retraite du Bon Accueil à Rodez

Aujourd’hui nous célébrons l’Assomption de la Vierge Marie, ce moment unique où Marie rejoint au ciel son Fils, le Mystère de Dieu le Père, dans le souffle de l’Esprit. C’est elle qui vit ce passage, promesse pour nos propres passages. Et, en ce passage, des traits de son existence nous sont donnés pour éclairer notre propre chemin de vie.

Je vous propose de contempler la manière dont Marie a été femme d’action. Oui Marie est aussi une femme active, par ailleurs, elle est également contemplative, mais aussi elle est intercédante, et encore elle est libre, compatissante et bien d’autres dimensions… dimensions qui se tiennent à vrai dire toutes ensemble, unifiées par sa foi en son Créateur et Seigneur.

« Marie se mit en route » Marie vient de vivre une rencontre avec l’ange Gabriel, une rencontre qui a décidé de son orientation de vie. Elle a répondu « je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». Elle se retrouve alors seule, l’ange la quitte. Et de là, elle se décide, en premier lieu,  d’aller rendre visite à Elisabeth et de se mettre à son service pour les derniers mois de sa grossesse. Elle reçoit ce qui lui est dit et y répond simplement, en faisant ce qui lui semble bon et faisable à partir de la situation. Plus tard, cela sera Cana, où elle manifestera seulement à son fils le manque de vin.

Recevons de Marie, en notre situation aussi bien de résidents, de soignants, de parents et amis, de savoir faire le petit pas concret qui se présente à chacun de nous. Nul besoin de faire de grandes choses, il suffit de poser le petit acte qui se présente à nous. Nous ouvrons ainsi à Dieu le moyen pour lui d’être un peu plus présent aux hommes.

Lire la suite
Publié dans Réflexion | Tagué , | Laisser un commentaire

Mt 14, 22-33 L’amplitude de l’accompagnement par le Seigneur de ses disciples : conduire, guider, escorter…

Cette scène d’évangile fait suite à l’épisode des pains où les disciples ont été sollicités pour aider à la distribution de la nourriture. Au cours de cet épisode, Jésus met en œuvre trois attitudes d’accompagnement, pour donner au groupe des disciples d’avancer dans le sens de la révélation. Et cela dans la parole adressée, dans la parole échangée, dans le soutien physique. Se trouve présentée une modalité vigoureuse et globale de l’aide à la croissance pour le Royaume que nous pouvons, chacun de nous, mettre en œuvre là où nous sommes.

« A le précéder sur l’autre rive » Jésus envoie les disciples vers un nouvel horizon, de telle manière qu’ils auront aussi à le précéder. Cela ouvre aux disciples un nouvel univers qu’ils ont comme à habiter par eux-mêmes. A ce moment, il les laisse seuls, forts de la seule parole adressée. Il va, quant à lui, son propre chemin, celui du retrait, de la contemplation, de la disponibilité. Il a donné une orientation. Cette attitude sollicite beaucoup les disciples que Jésus va retrouver ensuite à la peine. Jésus a proposé aux disciples une nouvelle situation.

Lire la suite
Publié dans Réflexion | Tagué , , | Laisser un commentaire

Mt 14, 13-21 Donnez-leur vous-mêmes à manger

La bonne nouvelle de ce passage c’est qu’il nous est donné de mieux connaître Jésus à partir de ce qu’il fait…

Jésus est sensible aux situations et se laisse déplacer par elles : le choc de la perte de Jean Baptiste le conduit à l’écart, la venue des foules le conduit alors à s’adresser à elles, à les guérir, la venue du soir et l’injonction de ses disciples le conduisent à bénir et donner le pain. 

Jésus enseigne les disciples en les accompagnant de trois manières différentes en les conduisant par sa demande de leur donner eux-mêmes manger, en les escortant en se substituant à eux dans la bénédiction des pains et en les guidant dans la distribution de ceux-ci.

Jésus agit ainsi en lien avec sa mission les gestes qu’il pose les paroles qu’il prononce sont des supports pour nous aussi les lecteurs des temps ultérieurs. En agissant ainsi sans trop commenter ce qu’il fait, il nous donne accès, par notre réflexion en nous-mêmes, à son intérieur à ce qui le met en mouvement, à ce qui compte pour lui.

Alors au-delà de ce que Jésus dit et fait dans la situation nous pouvons entrer en dialogue avec lui, nous pouvons lui parler comme un ami parle à son ami car avec sa manière d’être manifestée nous pouvons l’interroger, le comprendre, le connaître… Il se laisse rencontrer à partir du concret de son existence. Par là il donne à tous de pouvoir grandir là où il se trouve la personne de la foule, le disciple qui est avec lui, le croyant qui le contemple dans l’évangile. Béni sois Tu Seigneur Jésus !

Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite, extrait du site https://jardinierdedieu.fr/

Publié dans Réflexion | Tagué , | Laisser un commentaire