Toujours courir. Pour aller au boulot, reprendre les gosses à l’école, filer au supermarché, ne pas rater le spectacle « immanquable », foncer sur l’autoroute, partir en vacances, s’enferrer dans les embouteillages. Jamais le temps. Toujours occupés. Quelle vie de dingue ! Quel psy, quel gourou, quel coach nous guérira du stress ? Faut-il la drogue des tranquillisants pour tolérer la drogue de l’activisme ?…
Si le sociologue décrit froidement les mécanismes d’une société de compétitivité, donc surexcitée, si l’humoriste en tire des scènes amusantes, Jésus, lui, en pleure presque :
Voyant les foules, Jésus eut pitié d’elles parce qu’elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger.
A trois reprises, Matthieu notera ce regard et ce sentiment de Jésus qui n’a rien d’une pitié condescendante mais correspond à une violente compassion. Car il faudrait traduire plus exactement : « Il fut pris aux entrailles » (cf. encore 14, 14 et 15, 32)
Devant nos agitations de gens désemparés, devant l’homme qui, ne sachant d’où il vient, ignore où il va, devant ces vies remplies mais vides, Jésus souffre, il est ému au plus profond de son être. Il sait qu’il est le Bon Pasteur que le Père a chargé de rassembler l’humanité dans sa Miséricorde. Il use d’une autre image :
Lire la suite
