Celui où l’Eglise a commencé à exister, dans le sens où elle a commencé à s’exprimer, à se manifester au-dehors, à rayonner. Son engendrement, réel et secret, est bien plus ancien. Certains pères de l’Eglise font remonter cet engendrement de l’Eglise au commencement de l’Incarnation du Verbe en la Vierge Marie, au jour de l’Annonciation… L’Eglise ne peut se développer extérieurement avec justesse dans le monde que dans la mesure où elle ne cesse de revenir sur le lieu de son engendrement… C’est bien ce que nous dit, aujourd’hui jour de la Pentecôte, ce passage de Jean pris dans les premières apparitions du Ressuscité.
L’Evangile du jour nous donne l’intelligence intérieure de ce basculement vers l’extérieur. Il y a un double mouvement à vivre en ce jour, pour nous. Il y a un mouvement rétrospectif, en reconsidérant le temps pascal en son progrès. Nous découvrons d’où provient le basculement de ce jour de la Pentecôte, sur quoi il prend appui, comment est il autorisé. Il y a un mouvement prospectif : qu’est-ce qui doit se chercher dans l’avenir qui s’ouvre à partir de ce basculement, de cette sortie de soi, comment ne sera-t-elle pas alors pure perte mais approfondissement de son identité. Ce double mouvement peut rythmer la vie de chacun de nous.
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