2e dimanche de l’Avent : la première lecture et l’évangile utilisent l’image d’une route qui évoque la longue marche d’Israël vers la Terre du repos de Dieu. Un commentaire du Père Marcel Domergue, jésuite.
À côté de l’Exode d’Israël, il y a aussi la route du retour de l’exil Babylonien, et c’est de cela que parle d’abord Isaïe. Mais voici que l’image se transpose et prend de la densité : ce chemin de l’homme vers Dieu devient le chemin de Dieu vers les hommes. En d’autres termes, la visite de Dieu et son mariage avec nous ne se produit pas sous forme d’une irruption fracassante, d’une théophanie inopinée, mais comme le fruit d’une longue maturation coextensive à toute l’histoire. Il fallait toute la Première Alliance et toutes les péripéties que nous raconte la Bible pour que les temps soient accomplis, pour que le pacte initial s’accomplisse en Jésus Christ. L’Ancien Testament n’est pas aboli, mais il trouve sa forme ultime dans le Nouveau. Bref, ce que nous appelons l’Incarnation ne tombe pas sur terre comme un aérolithe imprévu : le Christ est en formation, en genèse, dès l’apparition des premiers humains. De plus, nous n’avons encore que les arrhes de l’Incarnation ; elle ne sera accomplie qu’à la fin des temps, quand nous aurons atteint « l’état de l’homme parfait, à la taille même qui convient à la plénitude du Christ» (Éphésiens 4,13). Le corps que l’humanité donne au Verbe, ce corps qu’il vient prendre, ne sera achevé que dans l’unité vers laquelle nous allons.
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