La réalité
Une semence jetée en terre. Quoi que l’homme fasse – qu’il dorme ou qu’il veille – cette semence grandit et « la terre produit d’abord l’herbe puis l’épi puis du blé plein l’épi ». Une semence qui arrive toujours à maturité : « lorsque le blé est mûr, l’homme y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. » Sur cette terre – puisque c’est bien d’elle qu’il s’agit – rien ne se fait sans effort. Les adultes le savent bien et l’enseignent à leurs enfants dès le plus jeune âge. Sur cette terre, si l’on veut réussir, il faut se battre, se donner de la peine et, malgré tout le mal qu’on se donne, on n’est jamais sûr d’arriver à porter du fruit. Chez nous les humains, ce qu’on sème n’est jamais assuré d’arriver à maturité. Un violent orage ou un tremblement de terre peut toujours tout compromettre. Combien de vies qui semblaient bien parties ont été brisées par des guerres, des traumatismes dont on ne se remet jamais, des malheurs à répétition qui finissent par écraser celui qui les subit ?
Cette parabole qui est censée nous donner une image du « règne de Dieu » semé en terre ne rejoint en rien l’expérience que nous avons de la vie ici-bas. Elle ne nous touche pas. Elle ne nous concerne pas. Le règne de Dieu, dont nous parle Jésus, est peut-être pour plus tard mais sûrement pas pour nous qui ne sommes jamais assurés de rien en ce bas monde.
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