Les nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? Jésus revient à Nazareth, c’est peut-être la première fois qu’il y retourne depuis le début de sa mission. Nazareth est le berceau de son enfance et de sa jeunesse. Là se trouvent sa famille, ses cousins ou encore ses amis de voisinage. Le jour du sabbat, il se rend à la synagogue. Ses compatriotes l’accueillent. Dès que Jésus se met à enseigner, ils changent d’attitude. Ils sont étonnés par la Sagesse des Paroles qui sortent de sa bouche. Ils apprennent les miracles qu’il a accompli en Galilée et leur étonnement se transforme en rejet. Ils sont « profondément choqués à cause de Lui. » Le fait d’avoir été pendant tant d’années les familiers de Jésus leurs donnent l’impression de bien le connaître. A l’étonnement et au rejet des nazaréens, répond un autre étonnement, celui de Jésus devant leur manque de foi : « Nul n’est prophète dans son pays ! » Il est le Fils bien-aimé du Père qui a créé le monde mais le monde ne l’a pas accueilli. La pauvreté est le seul moyen de vaincre l’orgueil. C’est l’exigence de la nouvelle évangélisation.
Lire la suite« Jésus est parti pour son pays, et ses disciples le suivent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. »
Dans nos tempêtes, passer de la peur à la confiance
Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à passer de la peur à la confiance. Nous savons tous que cela n’est pas facile, surtout quand nous sommes affrontés à des tempêtes. La première lecture nous parle de Job quand il se trouve douloureusement éprouvé par le mal. Il reproche à Dieu de rester muet devant la souffrance qui lui est infligée et qui lui paraît injuste ; mais Dieu lui répond en affirmant sa puissance sur la mer, et, à travers elle, sur tout ce qui détruit l’homme. La suite de ce récit nous montrera que Job va retrouver une situation bien plus belle que celle qu’il avait au début.
Ce cri de souffrance est toujours d’actualité : des hommes, des femmes et des enfants sont douloureusement éprouvés par la maladie, la pauvreté, la famine. Beaucoup n’ont plus la force de crier vers le Seigneur ; nous pouvons le faire en leur nom. Ce cri est une prière que Dieu entend. La bonne nouvelle c’est qu’il ne nous laisse pas désespérés. Il ne cesse de venir vers nous.
Lire la suiteLui dormait sur le coussin à l’arrière…
Comment veux-tu qu’on tienne le coup, Seigneur, si tu dors quand nous avons peur ? C’est le monde à l’envers : tu dors, bien confortablement sur ton coussin, toi qui n’as pas de pierre où reposer la tête ! Bien sûr, je peux faire un joli commentaire de ce passage, montrant que Marc nous raconte à l’avance ta résurrection : tu dormais, les forces de la mort menaçaient de t’emporter, et avec toi l’Église, la barque ; et voilà que tu te réveilles, que tu te relèves, et leur intimes le silence.
Il s’empêche ! Combien de fois avons-nous l’impression que tu dors ! Ne serait-il pas temps de te réveiller ? La peur nous fait du mal. La peur grignote la foi et la confiance et que va-t-il en rester au bout du compte ? Voilà, tu le sais. Je n’aime pas être secouée par la tempête. J’ai le mal de mer. Je ne suis pas fichue, comme Pierre, de te rejoindre et de marcher sur l’eau. Je coule, moi, si tu dors pendant que la barque se remplit d’eau. Quand tu dors, j’ai peur que tu ne te réveilles pas. Ou bien trop tard. En fait, je ne sais pas si j’ai cette foi que tu réclames. Voilà, c’est dit. Si tu dors, ma foi est emportée par le vent.
Ne dors pas, Seigneur. La tempête est en moi. Calme-la comme tu l’as déjà fait la grande nuit où tu priais ton Père en l’assurant que tous tes amis, même ceux qui venaient de te trahir, avaient cru en toi (*). Calme-la en m’assurant que toi tu crois en nous, en moi. Emmène-moi dans ta sieste, le temps que passe l’orage. S’il te plaît !
Sœur Anne Lécu, extrait du site Dimanche 20 juin 2021 – Dimanche dans La ville (retraitedanslaville.org)
Il parle à côté
La réalité
Une semence jetée en terre. Quoi que l’homme fasse – qu’il dorme ou qu’il veille – cette semence grandit et « la terre produit d’abord l’herbe puis l’épi puis du blé plein l’épi ». Une semence qui arrive toujours à maturité : « lorsque le blé est mûr, l’homme y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. » Sur cette terre – puisque c’est bien d’elle qu’il s’agit – rien ne se fait sans effort. Les adultes le savent bien et l’enseignent à leurs enfants dès le plus jeune âge. Sur cette terre, si l’on veut réussir, il faut se battre, se donner de la peine et, malgré tout le mal qu’on se donne, on n’est jamais sûr d’arriver à porter du fruit. Chez nous les humains, ce qu’on sème n’est jamais assuré d’arriver à maturité. Un violent orage ou un tremblement de terre peut toujours tout compromettre. Combien de vies qui semblaient bien parties ont été brisées par des guerres, des traumatismes dont on ne se remet jamais, des malheurs à répétition qui finissent par écraser celui qui les subit ?
Cette parabole qui est censée nous donner une image du « règne de Dieu » semé en terre ne rejoint en rien l’expérience que nous avons de la vie ici-bas. Elle ne nous touche pas. Elle ne nous concerne pas. Le règne de Dieu, dont nous parle Jésus, est peut-être pour plus tard mais sûrement pas pour nous qui ne sommes jamais assurés de rien en ce bas monde.
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