Le reconnaître le Fils de Dieu

Durant des siècles et dès le début de son existence, l’Église a dû lutter contre le mépris de la matière et particulièrement de la chair car cela amena certains à refuser à Jésus un vrai statut d’homme de chair et d’os.

Pourtant cette tenace méfiance de la chair reste toujours inscrite dans beaucoup de ses enseignements. Les anciens parmi nous se rappellent sûrement cette image de l’âme, pur esprit, prisonnière d’un corps lourd et pécheur…

Comment peut-on mépriser l’humanité charnelle alors que le Fils de Dieu s’y est incarné, lui donnant une nouvelle dignité et continue de le faire par son Esprit Saint envoyé d’en haut ? C’est cela qui nous donne le droit d’affirmer que c’est dans ces corps mortels, que c’est à travers cette vie humaine dans toutes ses dimensions : amoureuse, laborieuse, créatrice, mais aussi politique, conflictuelle, économique… que nous pouvons reconnaître Dieu et le rencontrer.

Le premier temps de notre relation d’amour avec Dieu sera donc celui de l’éducation de notre regard afin de Le découvrir.

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Dieu, c’est le GPS dans le brouillard

Homélie du 1er septembre 2019 (Lc 14, 1, 7-14)

Abbé Joël Pralong – Église St-Jean, Fribourg

Là où Dieu règne sur notre terre, là où il a établi son Royaume, les références sont différentes, les valeurs sont carrément inversées. Plus de privilège ni de passe-droit, personne ne peut revendiquer sa place ni un quelconque droit. C’est Jésus lui-même qui assigne à chacun sa place, qui donne à chacun sa valeur, comme il le veut, uniquement selon sa bonté… «Aujourd’hui tu seras avec moi dans la Paradis» (Lc 23,43) dit Jésus à l’un des deux criminels suspendus à la croix comme lui. Si ce criminel accepte la sentence prononcée par la justice, «Pour nous, c’est juste» dit-il, il reconnaît en Jésus la bonté de Dieu, qui seul peut le sauver, indépendamment de ce qu’il a fait. Autrement dit, il accepte d’être aimé jusque dans son anéantissement. Il n’existe dès lors plus aucun anéantissement ni d’enfer ni de mort dans lesquels Jésus ne serait descendu… pour récupérer la brebis la plus égarée, la plus perdue, la plus anéantie, la plus blessée. Il suffit juste de dire OUI! De se laisser trouver…

Me revient à l’esprit ce texte de Dostoïevski, décrivant la fin des temps: «Et alors les sages et les intelligents s’offusqueront, ils diront : Mais Seigneur, pourquoi accueilles-tu ceux-là ? Et Lui leur répondra: Je les accueille, ô vous les sages et les intelligents, car ce sont les seuls à ne pas s’être sentis dignes d’une telle faveur!» Alors tous nous comprendrons et tous nous pleurerons!»

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Cette porte étroite c’est celle que le Christ a franchie. 

Évangile : Luc 13, 22-30

Homélie

Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à faire un pas de plus sur le chemin de la foi ; le vrai Dieu n’est pas le Dieu de quelques-uns ; il est celui qui veut rassembler tous les hommes : c’est cette bonne nouvelle que nous trouvons dans le livre du prophète Isaïe (1ère lecture): “Je viens rassembler toutes les nations, de toute langue. Elles viendront et verront ma gloire…” Ces paroles de réconfort sont adressées à des croyants qui viennent de vivre une longue période d’exil ; ils ont vécu 50 ans en terre étrangère au milieu des païens. Ils découvrent progressivement que Dieu veut rassembler toutes les nations. Son amour est offert à tous.

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Aujourd’hui, petite méditation sur l’angoisse !

Intro Luc 12 et 13
Tout au long du mois d’aout, nous lisons les chapitres 12 et 13 de St Luc. Essentiellement le Chapitre 12 Au cœur de ce chapitre, nous sommes à l’un des rendez-vous du propos de Jésus. Une énorme
confidence. Il livre à ses disciples la raison pour laquelle il a quitté le ciel pour venir sur la terre. La
raison pour laquelle il a quitté le sein du Père pour vivre la condition des hommes ! « Je suis venu
allumer un feu sur la terre, et comme il me tarde qu’il soit allumé ! »
Cette confidence nous apporte une lumière pour écouter toutes les paroles de ces chapitres 12 et 13.
En quelque sorte la clé d’interprétation pour nous aider à comprendre tant les gestes que les paroles
de Jésus. Peut-être ses impatiences aussi !
Quel ardent amour pour les hommes ! Pour les hommes individuellement. Et pour le devenir de
notre humanité toute entière ! « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il
soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit
accompli ! »

L’angoisse est-elle toujours négative ?
Je pense que trop souvent nous ne savons pas interpréter l’angoisse. Car il est des angoisses qui sont
l’expression d’un intense amour.
L’angoisse de la mère pour son enfant – parfois excessive ou maladive, tout au moins possessive – est
la plupart du temps la manifestation de son extrême amour. Le stress de l’enseignant en entrant
dans la salle de classe, c’est la manifestation de l’extrême estime qu’il entretient pour ses élèves. Ou
le trac de l’organiste qui prend place à la tribune de l’orgue avant la messe, n’est-ce pas le signe
d’une vraie conscience de la transcendance de Dieu ! Non l’angoisse n’est pas forcément négative. Ni
le stress. Pas plus que l’anxiété ou le trac…

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Homélie du 15 août : Marie part en hâte

Marie part en hâte… Marie s’empresse… Marie ne perd pas de temps, parce qu’elle sait que sa cousine a besoin de quelqu’un ; elle part donc en hâte.

Je vous confie que quand je parle avec la Vierge et qu’il y a une question à résoudre je lui dis : « empresse-toi , toi qui sais te hâter, hâte-toi… » Marie, la femme qui s’empresse !

Ceci me ramène à une image que je porte. Je revois un groupe de femmes de la rue Junta (alors domicile des Petites Sœurs de l’Assomption) qui, après la messe partaient « en hâte » pour servir et ne revenaient pas avant midi. Elles s’en allaient avec empressement travailler comme domestiques dans les maisons où il y avait une femme qui avait besoin d’être aidée pour faire le ménage, pour envoyer les enfants à l’école… quelqu’un de pauvre qui ne pouvait payer pour être aidée. Domestiques, servantes des pauvres. Cela m’impressionnait toujours.

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