Frères et sœurs, cette question posée par les disciples à Jésus (v.10), nous sommes conduits à la poser nous-mêmes ce matin.
Ce à quoi Jésus répond : les foules auxquelles je m’adresse, ou plutôt les scribes et les pharisiens[2] auxquels je m’adresse sont des gens au cœur fermé, aveugles et sourds sans le savoir, qui ne peuvent donc discerner le chemin pour accéder au Royaume de Dieu.
Jésus utilise l’expression les mystères du royaume des cieux (v.11), car en effet il y a au moins un mystère : Pourquoi certains y accéderaient, à ce Royaume, et d’autres pas, puisque les disciples, eux, ont le privilège de les connaître ? (v.11)
Tout d’abord, il faut régler une question subsidiaire : Royaume de Dieu, Royaume des Cieux, cela ne désigne pas un lieu, mais une communauté, celle des chercheurs de Dieu, et c’est Esaïe, dans notre lecture de ce matin, qui nous donne une clé : Cette communauté est celle de ceux qui auront abandonné les chemins iniques, les pensées obscures, pour se tourner vers l’Eternel, celui qui ne se lasse pas de pardonner (v.7).
Et l’on notera qu’avec cette proclamation d’un Dieu qui ne se lasse pas de pardonner, il annonce déjà qu’au-delà de la Loi donnée à Moïse 7 siècles plus tôt[3], c’est le pardon qui est proclamé, alors que scribes et pharisiens, voyant en la Loi un juge de leurs comportements individuels, poursuivaient par leurs actes une pureté illusoire, dont ils étaient persuadés pouvoir se prévaloir lors des fins dernières et mettre en avant leurs propres mérites.
On est effectivement loin de la prophétie d’Esaïe, et du message de Jésus.
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