Qu’est-ce que vivre? Qu’est-ce que mourir?

Ernestine est très croyante. À chaque fois qu’un prêtre vient célébrer la messe, elle se rend à la chapelle de centre d’accueil où elle vit. Des prières, elle en a beaucoup fait dans sa vie, car tant de fois elle s’est sentie exaucée. Mais cela ne l’a pas empêché de vivre de grandes déceptions. Elle a tant prié quand sa belle-fille souffrait d’un cancer, pour finalement la voir mourir à trente-six ans. Elle a tant prié quand le ménage de son fils et des ses trois enfants s’est effondré, pour devoir finalement accepter l’inévitable divorce. Elle a tant prié pour l’une de ses filles lorsqu’elle a appris son diabète sévère, et quelques années plus tard, son cancer du sein contre lequel la lutte continue. Elle a tant prié pour son mari qui est mort aux soins palliatifs, après plusieurs années de souffrance. Elle s’était sans doute imaginé une vieillesse paisible entourée de ses enfants, mais ceux-ci sont dispersés à travers le monde, et la voilà maintenant dans un centre d’accueil, au milieu d’inconnus qu’elle doit apprendre à connaître. Et elle s’ennuie, elle vit l’angoisse existentielle et le vertige de la mort qui approche.

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Fermeture du secrétariat !

Bonjour, le secrétariat sera fermé du lundi 27 au jeudi 30 mars inclus !

Merci de votre compréhension. Yves

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L’AVEUGLE DEVENU CROYANT (JN 9, 1-41)

Cette semaine le journal La Croix a publié la liste de 501 personnes SDF mortes dans la rue depuis un an. Ce qui est frappant, c’est la moyenne d’âge de ces personnes : 49 ans et demi. Parmi elles, il y a des personnes sans nom, avec la mention : un homme non identifié. Il y a des enfants : 1 an, 18 mois ! Certaines de ces personnes portent des noms bien de chez nous, d’autres ont sans doute des origines étrangères. Certaines sont décédées de maladie, mais d’autres de mort violente (accidents, noyades, agressions, suicides). Nous nous sentons bien démunis. N’étaient-elles pas assises au coin des rues, quémandant une aide, ici à Lille ou ailleurs, quelque part en France ? Il faut saluer les efforts des maraudes, des groupes qui apportent un peu de réconfort quand c’est possible, ceux et celles qui organisent le repas solidaire chez nous, aujourd’hui.

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Laetare!

D’où vient ce mot [1] ?

Laetare est un mot latin, l’impératif du verbe « se réjouir ». Il n’est donc pas une option proposée mais un ordre donné : Réjouis-toi ! Laetare résonne peut-être encore plus ou moins dans nos oreilles suivant que nous habitons près d’une ville qui fête le carnaval de la Laetare comme celui de Stavelot ou de la Louvière.

Mais on n’a pas attendu le carnaval pour utiliser cet impératif à la joie. En effet, l’Église qui aime rythmer le temps qui est le sien, instaura le temps du carême vers le 2siècle, en souvenir du temps où « Jésus poussé au désert par l’Esprit y reste 40 jours tenté par Satan » (Marc 1,12). Le carême[2] devient courant au 4e siècle et se structure alors autour de la préparation au baptême des catéchumènes. Par solidarité et compassion pour eux, tous les fidèles sont alors invités à prier et jeûner.

Laetare n’est pas utilisé n’importe quand et n’importe comment

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La Samaritaine (Jn 4, 5-42)

Dans l’Évangile, les circonstances les plus banales sont souvent l’occasion des enseignements les plus profonds. Aujourd’hui, Jésus est fatigué par sa marche dans le désert, et au mi-temps du jour, il dit à cette femme qu’il rencontre au puits de Jacob: «Donne-moi à boire». Quoi de plus naturel que de demander à boire? Jésus semble bien être un homme «comme nous», qui a connu la fatigue, le poids du jour et de la chaleur.

Mais Jésus n’est pas un homme «comme nous» parce que, s’il a assumé une nature humaine semblable à la nôtre, il demeure le Verbe de Dieu, le Fils engendré du Père de toute éternité. Si bien que, lorsque Jésus prononce ces mots si ordinaires: «Donne-moi à boire», c’est Dieu lui-même qui, dans le Christ, nous révèle quelque chose de son mystère, et du nôtre. D’ailleurs, s’il en était besoin, l’approche de la Passion du Christ nous interdit de réduire cette rencontre du puits de Jacob à un simple fait divers. Car nous savons qu’une des dernières paroles prononcée, criée même par Jésus du haut de la Croix est: «J’ai soif». Se peut-il qu’il manque quelque chose à Dieu, lui qui est toute plénitude, pour qu’il nous dise, dans le Christ: «J’ai soif»?

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