« Soyez donc sans crainte ! »

Evangile Matthieu 10, 26-33

Homélie
« Ne craignez pas » … « Soyez donc sans crainte » ! Cette recommandation est répétée plus de quatre fois en quelques lignes.
C’est vrai que, dans notre vie de tous les jours, le nombre de fois où nous exprimons une peur est impressionnant…
Mais ici, dans ce passage d’évangile, c’est bien plus que la crainte quotidienne pour les petites choses, ce sont carrément des menaces de mort de la part d’autres personnes. Ce sont des persécutions, comme Saul partant pour Antioche pour ramener captifs les chrétiens…
Et Jésus leur dit : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, sans pouvoir tuer l’âme » – Il s’agit en effet d’affirmer à haute voix au risque de sa vie, ou de renier, de cacher, et d’avoir la vie sauve !
Et donc le grand message de cet évangile, c’est d’avoir le courage de la foi. Qu’est-ce qu’avoir le courage de la foi ? Cela recouvre quatre directions.

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« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

Matthieu 9, 37-38, 11ème dimanche ordinaire

Ces versets ont toujours été la base, en Eglise, de la prière pour les vocations sacerdotales. Et aujourd’hui encore, tandis que l’Eglise catholique se porte si mal et que les vocations de prêtres se raréfient, certains s’épuisent encore en chapelets pour leurs vocations…

J’aimerais aujourd’hui placer ces versets d’Evangile dans une lumière différente. La moisson, ce n’est pas seulement générer des catholiques “munis des sacrements de l’Eglise”. Être ouvrier pour la moisson, ce n’est pas forcément porter soutane ou col romain, baptiser, donner les sacrements de réconciliation et d’eucharistie, célébrer des sacrements de mariage ou enterrer religieusement. La moisson ne se limite pas à espérer le Ciel pour les baptisés qui nous quittent. Malheureusement, je crois bien qu’en Eglise catholique, le sens des paroles de Jésus a ainsi glissé vers quelque chose de très factuel : être prêtre “au service de l’Eglise”, donner sa vie davantage pour perpétuer les sacrements au sein de cette Eglise que pour réellement annoncer l’avènement du Royaume de Dieu.

Je me sens légitime à oser ces mots parce que je suis héritière de deux sacerdoces : celui de mon oncle, qui m’a baptisée, et de mon grand-oncle qui a toujours veillé sur la vocation de son neveu. Par malchance pour eux, je suis née fille, et donc inintéressante à leurs yeux pour la perpétuation de cette lignée sacerdotale. La question de ma foi brûlante ne les interrogeait pas outre mesure. J’étais fille, donc inapte au service d’ouvrière de la moisson. Disqualifiée d’office.

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Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel :si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais le manger et le boire ont une grande
importance dans la Bible.
Bon d’accord, il s’agit d’abord d’une nécessité vitale.
Au désert, après la sortie d’Egypte, les Fils d’Israël récriminent contre Moïse, tout
simplement parce qu’ils ont faim et soif.
Manger, boire, les premiers besoins de l’homme.
Nous le disons dans le Notre Père: « Donne-nous notre pain quotidien ».
Et le Christ lui-même demande à la Samaritaine: « Donne-moi à boire ».
Pouvoir manger et boire, c’est la première justice à laquelle tout homme a droit.
Et cela reste vrai pour nous aujourd’hui, comme hier pour les hommes de la Bible.
Mais, manger et boire, c’est également la réalité d’un vivre ensemble.
Pour Abraham, c’est le geste de l’hospitalité.
Aux chênes de Mambré, il accueille trois mystérieux visiteurs – en fait, Dieu lui-même – en leur offrant du pain, du lait, et un veau bien tendre.
Pour le personnage mythique de Noé, c’est le signe même de la joie.
D’après le récit biblique, lui, le premier cultivateur et le premier vigneron, lui, Noé,
fut, le premier à se saouler à tel point qu’on en gardera le souvenir pendant des
générations.

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Marchons en pauvreté à la suite de Jésus…

Le Père nous relève de notre vision de la puissance. Il nous donne son Fils, nous donne accès à l’Esprit de Foi.

Reprenons le triangle qui dessine l’enjeu de toute liberté en ce monde : « ce que je veux », « ce que je peux », « ce qui s’impose à moi », pour considérer comment Dieu, Lui, est présent parmi nous, en ce monde. Dieu le Père s’exprime en ce monde par sa volonté d’amour et de salut envers lui. « Dieu a tant aimé le monde ». Cette volonté d’amour prend la forme d’une puissance, constituée par le don de son Fils Unique. « Il a donné son Fils unique ». Dès lors, le troisième sommet, « ce qui s’impose à moi », apparaît comme constitué par la liberté de l’homme, de « tout homme ». La résolution entre les deux sommets, le« ce que je veux » du Père et le « ce qui s’impose à lui » se fait grâce à la foi de l’homme au Fils : « Tout homme qui croit en lui ». La résolution n’est donc pas le fruit du Père mais le fait de notre propre réponse à ce qu’Il donne, à notre propre migration du Monde au Fils…

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Le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi

Ce commentaire prend appui fortement sur celui du dimanche précédent. Rappelons que l’effort du temps pascal consiste pour chacun de nous à revenir à l’intelligence de ce qui nous rend chrétiens. Il s’agit, pour nous, de relier, de manière renouvelée, nos existences au Passage du Seigneur. Cela demande, comme nous le propose souvent Saint Ignace, d’user de notre mémoire (celle consignée dans l’Ecriture Sainte, celle de nos propres existences) de notre intelligence (cette capacité que nous avons de faire des liens) et de notre volonté (cette capacité en nous d’être affectés). Il est bon de procéder selon cet ordre. C’est l’intelligence, préparée par la mémoire, qui nous donne de pouvoir nous situer autrement et, par là, d’entrer pleinement, avec tout nous-mêmes et notamment notre affectivité, dans la Promesse qui nous est faite depuis l’origine.

« L’Esprit de vérité sera pour toujours avec vous » Dimanche dernier, une progression nous était donnée, celle du chemin, de la vérité et de la vie. La vérité apparaissait comme ce qui ressaisissait nos diverses expériences pour qu’elles puissent nous donner de nous tourner librement vers la vie (en nous et entre nous). Le principe de vérité, les Chrétiens l’éprouvent et le confessent comme étant la Mort et la Résurrection du Seigneur. C’est le Passage du Seigneur qui nous donne d’entrer dans la vie. Il est la Porte des Brebis. Aujourd’hui, dans ce temps liturgique pascal, nous réentendons la promesse qui nous est faite depuis le jour de la Mort et de la Résurrection du Seigneur : l’Esprit de Vérité sera toujours avec nous. L’Esprit est donc Celui qui dans le temps et l’espace nous ramène au passage du Seigneur. L’Esprit est celui du Seigneur. Mais c’est Esprit est aussi en nous, proche de nous, de nos vies, de nos expériences… 

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