Frères et sœurs, celui ou celle qui aime court…

Il court sur les montagnes, il bondit sur les collines, comme le Bien-aimé du Cantique des Cantiques (2, 8). Ainsi court Marie Madeleine, qui « de grand matin, lorsque c’était encore les ténèbres », ne peut plus tenir à la maison, se lève et court au tombeau de Jésus. Elle cherche celui que son cœur aime, dit toujours le Cantique (3, 1). Mais une amère surprise l’attend : la pierre a été enlevée du tombeau. Aussitôt une peur, une angoisse étreignent son cœur. Mille questions, mille soupçons l’assaillent. Alors elle court de nouveau, chez les apôtres, avec cette nouvelle troublante : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »

 Du coup, la course devient contagieuse. Car elle met en branle même l’Église officielle. Pierre et Jean, les colonnes de l’Église, se mettent à courir à leur tour. Mais c’est une femme qui a suscité leur course, une annonce d’amour angoissé, faite par celle que la tradition chrétienne a nommée « le treizième apôtre » : Marie Madeleine.

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Jésus est MORT !

Voici que nous sommes arrivés à un moment de nos célébrations qui pour beaucoup de gens pose pas mal de difficultés. Où sommes-nous au juste?; à quel moment exact entre la passion du Christ et sa résurrection nous trouvons-nous maintenant?; est-Il déjà ressuscité, ou faut-il quand-même encore attendre jusqu’à cette nuit?; mais alors, sommes-nous déjà en joie ou encore en deuil?; mais si nous sommes en deuil, pourquoi avons-nous changé les couleurs de noir en clair et pourquoi avons-nous entendu l’Évangile de la résurrection du Christ?; si, d’autre part, nous sommes déjà en joie, pourquoi attendre la nuit prochaine pour donner libre cours à nos chants et nos sentiments de joie et à nos exclamations: “Le Christ est ressuscité!”?
Le véritable problème est que trop souvent nous nous arrêtons à l’aspect chronologique du temps sans être capable d’y discerner le ‘Kairos’: le temps comme moment unique et propice. C’est que trop souvent nous ne prenons en considération que les apparences ou, mieux, nous nous arrêtons à ce qui nous paraît, comme s’il n’y avait rien au delà, comme si la réalité d’une chose s’arrête là où son ombre nous atteint, comme si le mystère n’est que le superflu d’une chose au lieu d’en être l’essentiel, comme si le temps est là pour lui-même, comme si le temps devait s’épuiser en lui-même au lieu d’être le ‘pli’ à travers lequel l’immense mystère de l’Être et de la Création se dévoile devant nous tel une étoffe aux plis nombreux, tissée par le tisserand céleste pour nous en revêtir tout entier et tous ensemble.
Or le moment présent est, en effet, le temps par excellence de l’Eucharistie, car nous sommes arrivés au point mort du temps. D’ici, le temps ne recommencera que comme pulsion d’‘Eucharistie universelle’ et à son rythme, nous transformant nous-mêmes, chacun tout entier et tous ensemble en un seul corps d’Eucharistie. Le sens de toute Eucharistie ne se dévoile qu’au cœur de ce Grand Sabbat. Mais, en même temps, tout ce que ce grand et saint samedi contient et signifie, tout le mystère de la passion et de la résurrection du Christ, ne se communique à nous en plénitude qu’à travers l’Eucharistie, qu’à travers toute Eucharistie que nous célébrons.

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« Tout est accompli »

Brève homélie pour le Vendredi Saint

          Le récit de la Passion selon saint Jean, que nous venons d’entendre, a une caractéristique différente de celle des trois autres Évangiles. Dans ce récit, Jean nous présente une image de Jésus conforme à celle qu’il a élaborée tout au long de son Évangile. C’est l’image d’un Jésus qui est la révélation du Père et qui est aussi, en sa personne, la pleine manifestation de l’amour.

          Toute sa vie, il a fait la volonté du Père. Paradoxalement, sa mort sur la croix est une victoire. Sa dernière parole est le point final non seulement de sa Passion, mais de toute sa vie : « Tout est accompli ». dit-il. La volonté du Père de conférer le salut à l’humanité est pleinement accomplie en Lui.

          Les derniers mots du récit évoquent déjà la résurrection. Le corps de Jésus est déposé dans un tombeau neuf. Et nous savons que, le troisième jour, celles et ceux qui chercheront ce corps trouveront un tombeau vide.

          La célébration d’aujourd’hui appartient à la célébration du mystère pascal. Même le Vendredi Saint, nous ne célébrons pas un Christ mort. Dans le culte chrétien nous ne célébrons jamais un Christ mort. Nous célébrons toujours un Christ ressuscité. Aujourd’hui nous faisons mémoire de son passage par la mort ; mais nous sommes bien conscients que ce ne fut qu’un passage. Vivant, il est passé par la mort mais il est ressuscité et il est toujours vivant. C’est ce Christ vivant en notre monde, en notre Église, en chacun de nous que nous célébrons.

          Le souvenir de sa passion nous permet de comprendre un peu l’immensité de son amour pour nous, puisqu’il a tellement souffert pour nous conférer à nous aussi la vie éternelle.

          Cette passion d’amour, il l’a vécue pour tous les siens, comme nous le rappelait le texte d’Évangile d’hier, tiré également de l’Évangile de Jean. Tous les siens sont ceux qui l’ont reçu aussi bien que ceux qui ne l’ont pas reçu – tous ses frères et soeurs en humanité.

Armand Veilleux, extrait du site https://www.scourmont.be/

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« C’est à un autre de le faire »

Jeudi Saint

Aucun d’eux n’y avait pensé. Ou alors ils se sont dit : c’est à un autre de le faire. C’est bon pour les esclaves.
Voici que Jésus le fait. St Jean décrit la scène avec une grande solennité, quasi liturgique, à l’étonnement des disciples.

Pourquoi Jésus agit-il ainsi ?
Pour leur donner une leçon, leur inculquer l’esprit de service ?
La réponse semble aller de soi, puisque lui-même déclare : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez faire de même car je vous ai donné l’exemple »

Mais cette interprétation est trop moralisante et pédagogique. Jésus n’est pas venu pour cela. Assez de sages l’ont fait, dans l’histoire même du peuple.

Suivre Jésus ne veut pas dire l’imiter dans des actes extérieurs,
mais vivre en lui et par lui, se laisser guider par son esprit.

Nous devons aller plus au fond des choses.

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Mercredi Saint

  5 h : réveil… Je porte dans mon cœur le refrain de ces jours, la première parole chantée à l’église : « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout ».

Sans cette clé, impossible de comprendre ce jour, le plus dur de la Semaine Sainte : Jésus trahi par un des siens, par son ami qui s’appelle Judas et qu’il aime jusqu’au bout.

Tous les évangiles en parlent et nous rendent témoins de ce qui s’est passé, laissant pourtant tout ce mal sans explication, le fait brut.

Que veut dire pour Jésus « aimer Judas jusqu’au bout ? »

C’est d’abord l’avertir, lui dire, sans le désigner aux autres, qu’il a senti sa trahison, qu’il la connaît : « En vérité, l’un de vous me livrera » Pas de condamnation humiliante face aux autres, non, au contraire, un appel douloureux qui les remet tous en cause. Jésus ne met pas Judas à part, il le laisse autant qu’il peut dans le groupe des Douze, lui promettant même le Royaume s’il le veut.

Puis, il passe aux actes, il se lève de table et leur lave les pieds, il se met aux pieds de chacun d’eux ; peut-on aller plus loin en amour ? Oui, il donne à Judas le pain trempé de vin, autrement dit, il se donne lui-même à celui qui l’a vendu pour trente pièces d’argent… puis il va encore au-delà, il se heurte à la liberté de son ami, sans rien faire pour se protéger en usant de son autorité ; il respecte sa liberté ! On ne peut pas donner au mot « respecter » un sens plus fort.

J’ai envie de te serrer la main, à toi qui es resté avec moi jusque là. « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? » Ce qu’il y a de plus beau au monde, le baiser, peut-il être signe de trahison ? Jésus nous demande d’avoir le courage de les regarder, Judas et lui, et de voir la victoire immense de l’amour : « quand bien même tu ne m’aimes plus, je t’aimerai toujours, jusqu’au bout! »

Témoignages extrait du site https://vie-monastique.com/

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