« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29-34)

« La Religion baisse, le Christ monte ! » C’était la Une d’un magazine qui faisait il y a quelques années tout un dossier sur Jésus, comme beaucoup de magazines qui continuent encore aujourd’hui à publier quelques pages au moment des fêtes sur  Jésus de Nazareth.  C’est bien que ce Juif, né à Bethléem, a toujours sur l’homme un merveilleux pouvoir de séduction, même si 60 % des Français de plus de 18 ans disent qu’il n’a guère de place dans leur vie. Qui nous dira exactement quel est ce personnage fascinant qui a traversé les siècles sans cesser d’intriguer mais aussi d’être admiré et aimé ? L’Évangile d’aujourd’hui nous donne une réponse, il nous présente : Jésus selon Jean-Baptiste ! Après tout, il était bien placé pour le connaître, en tant que cousin, en tant que pro­phète surtout, illuminé par l’Esprit. Et Jésus vu par Jean-Baptiste, c’est celui qui vient effacer les péchés du monde. Jean-Baptiste met devant nos yeux le Jésus Sauveur, le Jésus de la Rédemption. Or cette Rédemption ne peut se réaliser que si Jésus est à la fois l’Agneau de Dieu immolé pour le monde, et le Fils de Dieu. Autre­ment dit, Jean pointe vraiment sur l’essentiel trop souvent esca­moté : Jésus est cet homme immolé, mais aussi le Fils bien-aimé du Père. Ainsi quand Jean voit s’approcher Jésus, il dit à la foule : Voici l’agneau de Dieu chargé d’effacer les péchés du monde. Et sans nul doute, ces paroles dites à des juifs pouvaient prendre tout à coup un sens merveilleux : Dans la Bible en effet, l’agneau est essentiellement l’animal du sacrifice.

Que dit Jean-Baptiste à ces braves juifs ? Cet agneau sans défaut que Dieu demande à son peuple de sacrifier, ne cherchez pas, c’est Lui. Cet agneau que les prophètes annonçaient comme symbole de l’in­nocence persécutée, ne cherchez pas, c’est Lui dont il est écrit : J’étais comme un agneau docile qu’on emmène à l’abattoir. En revanche, pour nos contemporains, que peut bien signifier ce vocable du Christ-agneau-de Dieu ? Ce n’est certainement pas ainsi qu’ils le voient : ils veulent bien d’un Jésus en médecin du monde, d’un Jésus luttant contre l’exclusion, d’un Jésus désavouant le racisme de certains, mais d’un Jésus en croix, ils n’en ont que faire. Mais alors la grande action rédemptrice du Christ, son rôle essentiel de Sauveur du monde échappe à nos contemporains. C’est vrai qu’il a apporté au monde un immense message d’amour qui a été le départ de formidables actions caritatives, où ont excellé des Vincent de Paul par milliers, des Mère Teresa, des Frédéric Ozanam, des Abbé Pierre, des Coluche, des Henry Dunant, des Lino Ventura. Mais il est venu d’abord pour réconcilier l’homme avec Dieu et avec lui-même, pour arracher l’homme au péché et lui tracer le chemin de l’amour désintéressé. Jésus a obtenu aux hommes le pardon du Père par son immo­lation sur la Croix. Oui, il a fallu le sang de Jésus, véritable agneau pascal, pour nous remettre en grâce avec le Père. C’est dans ce même Évangile où le Christ est désigné comme cet agneau bien charnel qui pourra être saigné pour le monde, que Jean-Baptiste nous rappelle qu’il est aussi le Fils de Dieu, le Fils bien-aimé du Père. Si Jésus n’avait pas été vraiment Dieu, sa mort d’homme n’aurait pas eu ce prix infini qu’elle a eue aux yeux de son Père.

Le problème N° 1 pour nos contemporains, c’est qu’autant ils sont disposés à accepter l’existence du Christ, autant ils ont du mal à voir en Lui le Fils de Dieu. Beaucoup répugnent à accepter sa Résurrection, les mêmes qui se précipitent vers les émissions de télé où l’on prétend communiquer avec les morts. Or pour un chrétien, à la suite de St Paul et des évangélistes, Jésus dont l’humanité n’est pourtant jamais mise en doute, est clairement regardé comme le Fils du Père, Dieu comme Lui. Nos contemporains ont rai­son de voir en Jésus un homme : il s’est fait corps pour que ce corps soit cloué un jour à la Croix, sous le signe de l’Agneau immolé. Il n’est pas un superman talentueux, il n’est pas un extra-terrestre. Il est né dans un pays bien précis sous le règne d’Hérode le Grand. Dès lors en lisant l’Évangile, contemplons l’humanité de Jésus. Regardons-le : enfant soumis à ses parents de Nazareth, trin­quant avec ses apôtres aux Noces de Cana, assoiffé au puits de Samarie, pleurant son ami Lazare, lançant vers le ciel le cri humain le plus déchirant : Pourquoi m’as-tu abandonné ? Mais surtout contemplons sa divinité. Toute l’attitude du Christ dans l’Évangile est bien celle d’une personne qui se dit l’égale de Dieu. Quelle fierté pour nous d’être les disciples d’un tel personnage. Comment oser rougir de lui appartenir. Sans ostentation, mais sans complexe, portons allègrement le beau nom de chrétien.

Extrait du site https://www.cathedrale-limoges.fr/

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