Carême année B, réflexion inspirée de notre vicariat diocésain

Historiquement parlant, on le sait, le carême est né de la préparation des catéchumènes à leur baptême prévu pour la grande nuit de Pâques : célébrations, prières et instructions sont organisées pour eux de manière intensive. Progressivement, d’autres chrétiens se sont mis à suivre eux aussi les exercices spirituels destinés aux futurs baptisés : ils y voyaient une manière de nourrir leur foi, de la redynamiser. Plus tard l’habitude de ces quelques-uns est devenue la pratique de tous : c’est notre carême : une période d’une quarantaine de jours avant Pâques, un temps pour réactiver en soi la grâce baptismale, pour retrouver, tapie au fond de son cœur, la source intarissable de la Vie.

L’appel à la « re-conversion » et le désir de renouvellement intérieur sont des dimensions présentes chaque année ; elles sont le cœur de l’expérience spirituelle du carême. Chaque carême, selon les trois années liturgiques prévues par le lectionnaire, a pourtant sa physionomie propre, sa couleur spécifique. Quelle est celle du carême de l’année B dans lequel nous entrons ces jours-ci ? Deux lignes majeures se dessinent l’une ébauchée par les premières lectures tirées de l’Ancien Testament, l’autre par les pages d’Evangile proposées à notre méditation.

Invités à entrer en Alliance avec Dieu

Les lectures de l’Ancien Testament retracent les grandes étapes de l’histoire du salut et nous invitent à entrer en Alliance avec notre Dieu.

Avec Noé : un monde nouveau s’annonce, un monde réconcilié, quand Dieu fait à nouveau le pari de l’humanité : une confiance inouïe !

Avec Abraham : un appel à s’en remettre avec confiance entre les mains de Dieu qui prépare pour chacun un avenir insoupçonné…

Avec Moïse : un engagement de Dieu vis-à-vis de l’homme (Dieu donne sa parole !) qui appelle un engagement de l’homme en retour  et voici que s’ouvre un chemin de vie balisé par les dix paroles.

Au temps de l’Exil : au peuple infidèle répond la fidélité constante de Dieu : loin de se résigner, Dieu remet son ouvrage sur le métier ; dans le pardon, un nouveau départ est possible.Avec les prophètes : si l’Alliance historique a été un échec (l’infidélité du peuple s’est avérée un mal récurrent !), Dieu ne se tient pas pour battu : il va passer à l’action et inscrire non plus sur des tables de pierre mais dans le cœur de l’homme son projet d’amour. C’est l’œuvre du Christ qui pointe ici et celle de l’Esprit : Pâques peut venir,  nous saurons qu’elle est la fête de l’Alliance scellée dans le Christ qui se donne tout entier et par l’Esprit qui renouvelle nos cœurs.

Invités à contempler le Christ Sauveur

Les lectures d’Evangile, elles, s’inscrivent dans la droite ligne de toute l’année B : elles nous lancent à la rencontre de Jésus pour en percer le secret, pour le découvrir Christ et Sauveur.

Au désert : Jésus inaugure un monde nouveau, réconcilié ; au nom du Père, il invite chacun à changer de cap pour que vienne le Règne (le Rêve) de Dieu…

Sur la montagne : Jésus se manifeste dans un cœur à cœur intime avec le Père : il est le bien-aimé ; cela vaut la peine de le suivre son chemin est chemin de lumière…

Au temple : Jésus est le nouveau signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple : le temple a perdu sa raison d’être et les sacrifices sont désormais inutiles puisque le Christ sera pleinement et définitivement don de Dieu aux hommes : en lui tout est accompli du projet d’amour de Dieu…

Sur la croix : ce don total, c’est sur la croix qu’il se réalise et c’est parce qu’il est signe d’amour que l’instrument du supplice devient signe de salut et source de Vie pour ceux qui reconnaissent en lui l’œuvre de Dieu et acceptent de se laisser entraîner dans sa Pâque.

A Jérusalem : voici le sommet de l’œuvre du Christ non pas l’échec supposé, ni la victoire en tape-à-l’œil espérée mais l’humble aboutissement d’un chemin qui se révèle non pas comme une impasse mais comme une traversée et l’élévation sur la croix, non pas un anéantissement mais une glorification. « Qui m’aime me suive… » semble dire le Christ. Et c’est ce que nous avons choisi de faire par le baptême, c’est ce que nous rechoisirons dans la grande nuit de Pâques.

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