Où est Marie ?

Assomption de la Vierge Marie, un commentaire du P. Christian blanc Assomptionniste
Question surprenante peut-être !                                                                                               Mais qui n’est pas déplacée dans une méditation portant sur l’Assomption. En effet que veut on dire quand on parle de cet événement, l’Assomption de Marie, la mère de Jésus, l’objet de cette fête ? Utilisé exclusivement pour elle, ce terme d’Assomption, à ne pas confondre bien-sûr avec Ascension, indique ce qu’il en est de son état maintenant. La mère de Jésus n’est-elle pas actuellement dans la même situation que les hommes et les femmes sauvés et décédés et même canonisés ? Est-elle autrement et mieux, plus avancée dans la proximité de Dieu ? A-t-elle atteint la plénitude de la vie, son plein épanouissement humain ? est-elle parvenue à la pleine transformation de son être au point d’être maintenant dans le Christ participante de la vie trinitaire à laquelle aussi toute l’humanité, par pure gratuité, est appelée ? Est-elle déjà ressuscité avec le Christ ?
Où est Marie ?
« C’est une chose d’adhérer à un dogme, c’est autre chose de la comprendre en son sens anthropologique et théologique. » Serait elle pleinement en Dieu, Père, Fils, Esprit alors que le reste de l’humanité, en route sur la terre ou ayant déjà passé la mort souffrirait encore dans les douleurs de l’enfantement, comme on peut le lire en Rom 18,19-23. En effet, n’est-ce pas la vocation de l’humanité passée, présente et à venir, de passer dans le Christ comme sous un seul chef, de réaliser par grâce son corps à lui qui est la tête. N’est-ce pas ce travail de naissance nouvelle, cet enfantement qui dans les soubresauts du monde donne le sens de l’histoire ?
Or Marie, bien que Mère de (Christ) Jésus, toute comblée de grâce, pourrait-elle échapper à son statut de créature ? Serait-elle sortie de notre humanité, se tiendrait-elle déjà sur l’autre rive, sur la rive de Dieu ? Ou bien sa propre vie, en tout solidaire de la nature humaine, attendrait-elle, elle aussi dans un désir constant, que toute l’humanité soit passée dans le Christ pour être enfin, dans le Christ, complètement en Dieu : Père, Fils et Esprit ?
Où est Marie ?
Voilà bien la question ! Elle a son importance pour savoir ce qu’on dit en parlant de sa fête et en lui adressant notre vénération. Faut-il la voir déjà, comme puissance de Dieu capable d’intercéder et de donner des grâce ? Faut-il la considérer comme déjà sauvée mais, fleur de notre humanité, toujours en attente avec les autres hommes jusqu’à ce que le Christ soit enfin tout en tous ?
Ce qui fut défini, par le Pape Pie XII, peut-il nous éclairer ? Dans sa sobriété cette définition que veut-elle nous dire ? « A la fin de sa destinée terrestre, la mère de Dieu, vierge sans tâche, a été prise, corps et âme, dans la gloire céleste ». Marie n’est plus des nôtre ? De ce « pâtir » qui nous caractérise, humanité errante, pourtant déjà sauvée, Marie ne serait plus une participante ?
Où est Marie ?
Ce n’est pas l’évangile qui va nous renseigner, car pour cette fête établie par l’Église comme un dogme de foi, l’Église nous donne à lire ce qui fut la rencontre, sitôt l’annonce faite, de la mère du Seigneur avec Elisabeth.
Il est intéressant alors que l’Assomption trace en notre imaginaire une courbe ascendante (ce qui n’est pas ce qu’exprime la définition dogmatique !), la liturgie du jour nous propose un trajet bien plus horizontal, bien que spirituel, d’une femme à une autre. Nous voyons donc Marie, dont la foi est féconde, venir célébrer avec une autre mère, celle du précurseur, les merveilles de Dieu. En l’une comme en l’autre Dieu a tenu promesse, leur vie à chacune d’elle est complètement changée. Celle qui porte « Dieu » dans l’enfant qui va naître fait le déplacement vers celle qui, trop vieille, se pensait délaissée puisqu’elle n’avait pas eu encore d’enfant. Marie à l’aube de sa mission nouvelle inaugure-t-elle ce qui sera constant et qui vient de la foi, un incessant déplacement ? Le Christ n’était pas d’ici, nous ne le sommes pas non plus. Venu à la recherche de ceux qui s’étaient perdus, sa mère l’a suivi, grandissant dans la foi, et l’a suivi jusqu’au bout, ici déjà jusqu’au pied de la croix… et au-delà aussi !
Quand on parle Assomption et qu’on en fait la fête, peut-être tout simplement faut-il regarder vers qui Marie s’en va et comprendre que cette fête confirme son chemin.
Il est chemin de foi
Le même pour tout le monde,
Et même aboutissement.

Extrait du site https://croire.la-croix.com

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