Je rêve d’une Eglise

Je rêve d’une église, faite essentiellement d’enfants, grands et petits, jeunes et vieux, et de tous ceux qui leur ressembleraient, assoiffés d’amour, avides d’absolu, émerveillés de Dieu. Donc, une Eglise qui nous empêcherait d’être profondément tristes. Une Eglise source du bonheur d’être ensemble, toujours.

Une Eglise vraie, famille nombreuse, innombrable où, plus on est, plus fort et plus simplement s’aime-t-on. Une Eglise où, dans une confiance nourrie à l’amour de Dieu, chacun pourrait dire ce qu’il pense : sa foi mais aussi ses incertitudes, ses doutes, ses questions, sans être soupçonné d’hérésie, ni montré d’un grand méchant doigt.

Une Eglise où ceux que nous appelons aujourd’hui supérieurs, et que Jésus invite à se faire serviteurs, seraient toujours animés d’un a priori tellement favorable qu’aucune crainte ne nous étreindrait, quand nous nous sentirions poussés à nous confier à eux. Et à leur faire part de critiques bien fondées. Tous auraient alors la chance de faire vraiment Eglise !

Une Eglise où, humblement, chacun avouerait ne pas tout savoir, ne pas tout posséder. Donc, une Eglise où personne n’aurait l’audace de dire qu’il connaît Dieu, mais, tout au plus, comment il l’imagine. Pour moi, à la lumière surtout de l’évangile. Il y a beaucoup de chemins vers le Père et beaucoup de lieux dans la maison du Père.

Une Eglise qui ne serait pas dirigée par un groupe de vieux messieurs, travestis, décorés, de toutes les couleurs.

Une Eglise où l’on se souviendrait que Dieu n’est pas chrétien, que l’on ne possède pas la foi mais que c’est Dieu qui nous possède. Et que Dieu est si grand qu’on ne peut le saisir, et son amour si profond qu’on ne peut le sonder.

Une Eglise où l’on s’apercevrait, non avec horreur, mais dans l’enthousiasme de cet amour de Dieu : que Marie et Joseph ne sont pas, comme on dit chez nous, mariés à l’église ; que Jésus Fils de Dieu, vrai Dieu et vrai homme (je le crois) s’est toujours refuser à juger, si ce n’est sur l’amour que nous aurons accepté ou non de vivre ensemble ; que Jésus n’a jamais dit aux divorcés de son époque qu’ils ne pouvaient plus compter sur le pardon de Dieu, ni manger son pain de vie.

Une Eglise où l’on se souviendrait que les fanatismes ne seront jamais vaincus par d’autres fanatismes, mais par la force de l’amour de Dieu ; que des femmes et des hommes, en tout temps, et indépendamment de la religion qu’ils vivaient, se sont trouvés branchés sur Dieu et ont encore aujourd’hui quelque chose à nous dire de sa part.

Baudouin Delvaux, curé à Liège

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