Lc 17, 11-19 : Le vrai fruit naît seulement de la rencontre…

Nous pouvons être surpris par la dernière parole de Jésus « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. ». Qu’apporte-t-elle de nouveau ? le samaritain n’est-il pas comme les neuf autres déjà guéri, le résultat n’a-t-il pas été acquis ? N’y a -t-il pas une partie du réel qui nous échappe en considérant les choses ainsi ? Nous avons ainsi une demande formulée à distance ‘Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »’, puis un résultat acquis en absence ‘En cours de route, ils furent purifiés’, et enfin une certification rendue par d’autres : ’les prêtres’… Tout est en ordre, la prestation a été effectuée et la vie quotidienne peut se poursuivre sur sa lancée, rien ne s‘est passé, l’incident a été gommé… image de notre monde moderne qui perd la vraie nouveauté, rêvant de revenir à un fonctionnement sans anicroche… dans un éternel présent.

Mais la vraie vie n’est pas ainsi, non… la vraie vie nait de la rencontre entre l’un et l’autre… dans la distance juste, d’homme à homme, à proximité, dans la reconnaissance. « Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce ». Alors, de là, une vraie parole peut naître : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. » L’acte ne se dissout pas dans le fonctionnement, il crée l’histoire où chacun peut aller fort de la rencontre vécue, la relation fait grandir la vie qui relie, le devenir de l’humanité est en route, l’approfondissement remet en cause les différences ; juifs, samaritains, palestiniens…, la sortie de son moi… Le vrai fruit naît seulement de la rencontre… Allons !

Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite, extrait du site https://jardinierdedieu.fr/

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Lc 17,5-10 nous sommes des serviteurs quelconques

Le chemin vers Jérusalem continue, la conversion des disciples est à l’œuvre. Les diverses sollicitations, changements de contexte intérieur pour ceux qui suivent Jésus opérés par le biais des paraboles, amènent les apôtres à demander, aujourd’hui, à Jésus d’augmenter en eux la foi. « Augmente en nous la foi ! » Ils sentent que la sollicitation qui leur est faite ne peut aboutir que par une augmentation de foi, de confiance pour répondre, être, au niveau où se situe la demande… Ils ne voient pas non plus comment pouvoir le faire sans Lui… Ils s’adressent à Lui… 

Jésus leur répond : «La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous obéirait.» Comment entendre cette réponse ? Au sens strict, et nous rentrons alors dans un impossible, avec le sentiment d’une incapacité notoire en nous : je n’ai pas cette capacité à transporter les arbres… Ou bien nous l’entendons comme une image concernant ce qui se joue dans le cœur de chacun, dans la liberté de chacun… Il est peut-être, dans ce cas, judicieux de se souvenir que la mer est, pour les juifs, la zone du mal, que l’arbre est le symbole du juste comme nous le rappelle le Psaume 1 « le juste est comme un arbre planté au bord du ruisseau »… L’image dirait donc que le bien, le juste, peut se loger par la foi là où le mal règne et s’y tenir vivant… en triompher. Jésus continue ainsi à faire foi en la foi de ses apôtres. Il est celui qui ne cesse de dire (et de rendre possible aussi) « Ta foi t’a sauvé ». Le dialogue exigeant entre Jésus et ses apôtres ainsi se poursuit. Jésus veut la foi en ses disciples, leur foi… Il va les en rendre capable, nous en rendre capable… Le chemin continue.  Jésus le rouvre pour que les apôtres deviennent…

Mais Jésus ouvre dans le même mouvement, un nouveau registre, celui de l’humilité : « Lequel d’entre vous…». La morale de cette histoire est celle-ci: ‘quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : ‘Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n’avons fait que notre devoir. ‘ Comment chacun de nous se situe-t-il devant la réussite, l’obtention de ce qu’il a demandé ?… Le chemin continue… Allons…

Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite, extrait du site https://jardinierdedieu.fr

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16,19-31

On voit ici un riche, repu, tout centré sur ses aises, et au vu du monde on pourrait se dire qu’il a réussi sa vie, et puis devant chez lui voila un pauvre , un sdf comme on dirait aujourd’hui , et de celui là au vu du monde on pourrait se dire  il a perdu sa vie , c’est un « raté » ….

 Mais on voit que devant Dieu c’est l’inverse. Non pas parce que l’un est riche et l’autre pauvre, mais parce que l’un a su garder en son cœur la parole de Dieu et que l’autre n’en a pas tenu compte. La parole chez le pauvre l’a fait tout endurer avec patience. Dieu ne voulait pas qu’il souffre, ce résultat est le fait du riche qui n’a rien fait pour lui alors même qu’il le côtoyait tous les jours et que de l’aider au vu de sa fortune ne lui aurait pas privé. Le riche n’a pas gardé la parole pour en vivre tout occupé qu’il était aux apparences du monde et de ses richesses.

Mais voila la mort arrive pour chacun d’eux, et là, dans la lumière de Dieu la vérité se fait ! le pauvre est auprès de Dieu le riche n’y est pas.  Alors le riche demande que l’on prévienne ses frères qui vivent comme lui et qui comme lui vont se perdre ! Quitte à leur envoyer un mort : le pauvre Lazare 

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Jn 3, 13-17 La Croix glorieuse, un chemin pour nous…

« Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel » Quelle est donc la bonne nouvelle à nous réservée en cette fête où nous faisons mémoire de la découverte par Hélène de la Croix du Christ ? Cette fête sonne comme un petit rappel en septembre de la fête de Pâques qui se vit au Printemps. Nous fêtons non seulement la Croix, mais la Croix glorieuse. Hors la Croix en elle-même n’est pas glorieuse, c’est un horrible supplice… Alors, ce que nous avons peut-être à considérer surtout et avant tout : c’est que Celui qui s’est fait pour nous « chemin, vérité et vie », c’est de la vie qu’il est venu, du ciel, que cette vie en plénitude à rencontrer ce qui s’opposait à elle. Et là, elle a manifesté sa vérité, sur la Croix. Et la manière qu’elle a eu de manifester sa vérité, de donner sa vie, nous ouvre, là où nous sommes, un chemin. Ce chemin nous conduit à la vie en nous rendant capable de faire la vérité sur notre existence, sur notre manière d’être, en mesurant ce que Lui a vécu… Lui-même, ce Fils de l’Homme, il prend ce chemin parce qu’il sait, de tout son être de Fils, l’appel au bonheur qu’il y a en au fond de ce chemin. Il a connu le Ciel et il y retourne par ce chemin, entrainant chacun des siens… Un peu comme les saumons qui remontent frayer là où ils sont nés, capables pour cela d’aller jusqu’à mourir d‘épuisement…

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Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. 

L’évangile de ce jour nous étonne par son exigence, et même son apparente dureté : « Celui qui ne me préfère pas à son père, à sa mère, n’est pas digne de moi (…). Celui qui veut être mon disciple qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ! ».

Comment recevoir cette Parole comme une Bonne Nouvelle ?

Le livre de la Sagesse nous invite à faire confiance à Dieu. Il nous assure que « seul l’Esprit de Dieu peut nous apprendre ce qui plaît au Seigneur ». Déjà le premier des dix commandements auquel Dieu attache une promesse – repris ailleurs dans les évangiles et par St Paul – est « honore ton père et ta mère, afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre « (Ex 20,12 ; Ep 6,3).

Jésus qui accomplit cette Parole de l’Écriture ne nous défend pas d’aimer, mais est envoyé par son Père pour nous apprendre à aimer comme Dieu aime.

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