De l’ombre à la lumière (Malachie 3,19-20 / 2Thessaloniciens 3,7-12 / Luc 21,5-19)

Dernièrement, je me suis rendu au cirque pour profiter d’une de ses représentations. A un moment donné, comme ils en ont l’habitude chaque fois, plusieurs personnes ont fait un tour de piste sous les projecteurs et les applaudissement du public. Le présentateur rendait hommage aux travailleurs de l’ombre, garçons de piste, gardiens d’animaux et autres accessoiristes. Ces travailleurs de l’ombre se sont avancés sous les projecteurs, tout heureux d’être brièvement reconnus. Projecteurs malgré tout bien faibles, en regard du soleil puissant et aveuglant qui brillait à l’extérieur du chapiteaux.

Notre société propose tout un éventail de possibilité de gagner sa vie. des travailleurs de l’ombre, qu’on ne présente même jamais, jusqu’aux stars qui peinent à se cacher des média. Sommes-nous nous-même des héliotropes comme les tournesols. Des chercheurs de lumière? Mais quelle lumière?

Comment est-ce que la Bible nous invite à passer de l’ombre à la lumière ? Il me semble que c’est une thématique commune des 3 texte que nous venons d’entendre : le prophète Malachie nous rappelle une promesse de Dieu : un jour nous sortirons comme des veaux de l’étable au printemps. Je ne sais pas si c’est un spectacle que vous avez déjà vu, mais c’est vrai qu’on voit rarement des animaux manifester autant leur joie qu’à ce moment-là. Si vous connaissez un paysan, demandez-lui à quelle date il libérera son bétail de l’hiver et les amènera au champ pour la première fois de l’année. Voilà à quoi ressembleront les fidèles au jour que Dieu nous promet.

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«Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic»

 Un des rares passages de l’évangile ou l’on voit Jésus s’emporter !  Sa colère n’est pas contre les hommes mais contre leurs pratiques, qui font passer les bénéfices humains avant le culte rendu à Dieu. Il sait bien que ce qui compte ce n’est pas le prix dépensé pour l’offrande mais bien le cœur que l’on a mis à cette offrande.  Il rappelle ainsi les fidèles à un culte intérieur et non plus à un culte tout extérieur. On n’achète pas Dieu.

On pourrait penser que ces gens avaient du culot de faire ainsi des bénéfices sur le dos des fidèles, et ainsi faire du salut un commerce. Mais n’en est-il pas encore de même aujourd’hui ? Ne voulons-nous pas nous aussi parfois acheter le salut offert par Dieu ou du moins le « forcer » ?

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Notons bien, « ceux qui ont cherché », non pas « ceux qui ont trouvé ». Joie pour les cœurs qui cherchent Dieu !

C’est la fête de la Toussaint, la fête de tous ces Bienheureux connus ou inconnus qui ont lavé leur robe dans le sang de l’Agneau, du peuple immense de ceux qui L’ont cherché. » Notons bien, « ceux qui ont cherché », non pas « ceux qui ont trouvé ». Joie pour les cœurs qui cherchent Dieu ! Si la joie est si grande de chercher Dieu, que sera celle de Le trouver et de L’étreindre !

La fête de la Toussaint nous donne l’occasion de goûter la joie de la sainteté des gens, même ordinaires, celle des « gens de la porte d’à côté ».

« Soyez dans la joie et l’allégresse » (Mt 5, 12), dit Jésus à ceux qui sont persécutés ou humiliés à cause de lui. Le Seigneur demande tout ; et ce qu’Il offre est la vraie vie, le bonheur pour lequel nous avons été créés. Il veut que nous soyons saints et Il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance… En effet, le Seigneur a élu chacun d’entre nous pour que nous soyons « saints et immaculés en sa présence, dans l’amour » (Ep 1, 4).

« Le salut est donné par notre Dieu et par l’Agneau. » Les saints ne disent pas : « Nous avons la gloire que nous méritons, après tout ce qu’on a fait pour Lui, Dieu nous devait bien cela. » Non ! Ils disent : « Le salut est donné ! » Il n’est pas une affaire d’effort ou de record, mais de réconfort.

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Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain… Luc (18, 9-14)

Dans un de ses sermons où il traite de l’humilité, Saint-Jean Chrysostome emploie une allégorie, s’adressant ainsi à son auditeur : »Pour que tu apprennes combien il est bon de ne pas avoir une haute idée de soi-même, représente-toi deux chars. Attelle à l’un la vertu et l’orgueil, à l’autre le péché et l’humilité. Tu verras l’attelage du péché devancer celui de la vertu, non certes par sa propre puissance, mais par la force de l’humilité qui l’accompagne, et tu verras l’autre dépassé non à cause de la faiblesse de la vertu, mais à cause du poids et de l’énormité de l’orgueil. En effet, de même que l’humilité, grâce à son immense force d’élévation, triomphe de la pesanteur du péché et est la première à monter au ciel, ainsi l’orgueil, à cause de son grand poids et de son énormité, parvient à l’emporter sur l’agilité de la vertu et à l’entraîner facilement vers le bas. » Cette allégorie des deux attelages illustre parfaitement la parabole que nous venons d’entendre dans l’évangile de Luc. Sa conclusion : » qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé » est reprise par saint Benoît comme introduction du chapitre de la Règle sur l’humilité.

Mais revenons à l’introduction de l’évangile de ce jour. » Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d’être juste et qu’ils méprisaient les autres ». Nous pensons facilement aux pharisiens auquel Jésus précédemment adresser de vifs reproches. Mais ici, tout en les visant, il ne les nomme pas. Ils ne sont donc pas les seuls concernés. Il peut s’agir aussi de croyants de la communauté chrétienne à laquelle nous appartenons. Pénétrés de l’enseignement de Jésus, nous aimerions nous reconnaître dans l’attitude du publicain, nous présentant avec humilité devant Dieu. Et nous essayons sincèrement de le faire. Mais nous éprouvons aussi un sentiment d’autosatisfaction, en minimisant nos torts et cherchant à nous justifier nous-mêmes au lieu d’attendre le salut de Dieu. Et plus encore, nous tombons aussi dans la comparaison, nous estimant meilleurs que les autres et jugeant ce qui nous semble en contradiction avec les principes de la morale et de la religion, sans voir toujours nos propres écarts.

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Lc 18,1-8 Toujours prier sans se décourager

Les chemins se poursuivent : celui de Jésus vers Jérusalem, celui des disciples à sa suite, eux aussi vont vers Jérusalem… Mais il y a aussi le chemin intérieur qui s’offre aussi bien aux contemporains de Jésus qu’à nous aussi, lecteurs de l’Evangile… Ce dernier chemin, ce chemin intérieur, est un chemin singulier, que chacun de nous devons parcourir par nous-mêmes, que nous devons inventer. Il est même, peut-être, ce qui nous caractérise, singularise le plus, nous rend vraiment uniques. Nous sommes forcément à la peine pour l’inventer… Aujourd’hui, Jésus vient nous aider. « Jésus disait une parabole pour montrer à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager ».

Ce chemin nous ne pouvons, en effet, le trouver, le découvrir, l’emprunter qu’à travers la rencontre, l’échange, l’ouverture radicale de notre être. Ce que nous avons de plus précieux, de plus profond en nous, nous ne nous pouvons y accéder que dans la remise de nous-mêmes à un autre, que par la prière, la demande… Jésus vient nous aider à prendre appui sur la foi que nous pouvons avoir en la bonté humaine, en notre propre bonté, malgré toutes nos étroitesses. Le juge inique fait tout de même justice à la veuve, tout comme la société minière, âpre au gain, va tout de même dépenser joyeusement des sommes importantes pour sauver ses ouvriers (certes pour l’un : éviter l’embarras, pour l’autre : éviter la mauvaise image médiatique…). Il n’en demeure pas moins que la bonté s’effectue : la veuve reçoit justice.

Il y a, en nous, en chacun de nous, ce ressort d’une bonté plus profonde qui nous travaille, bonté qui nous appelle et nous donne de nous ouvrir, nous fait signe… laissons retentir en nous ces signes de bonté, de réponse faite aux demandes, pour pouvoir, nous-mêmes, dans le secret de nos cœurs, nous ouvrir à Celui qui est à notre recherche, à notre attente, pour pouvoir lui formuler nos propres demandes… Il n’y a plus de chemin, plus de raison, que la simple offrande silencieuse d’un cœur qui se risque, qui s’adresse à son Créateur dans le secret. Prions…

Marcheur, ce sont tes traces

ce chemin, et rien de plus ;

marcheur, il n’y a pas de chemin,

le chemin se construit en marchant.

En marchant se construit le chemin,

et en regardant en arrière

on voit la sente que jamais

on ne foulera à nouveau.

Marcheur, il n’y a pas de chemin,

seulement des sillages sur la mer.  

Antonio Machado 

Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite, extrait du site https://jardinierdedieu.fr/

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