L’évangile de ce 20ème dimanche ordinaire nous parle d’une «étrangère»,…

…et de l’ouverture qu’on doit avoir envers ceux et celles qui sont différents de nous.

Cananenne aux pieds du ChristCananéenne aux pieds du Christ

Jésus a l’air de refuser son aide à la Cananéenne parce qu’elle n’est pas d’Israël, mais en réalité cette rencontre le pousse à reconnaître avec admiration la grande foi de la femme qui le supplie de guérir sa fille.

Matthieu écrivait son évangile pour une communauté composée de Juifs devenus chrétiens. Ceux-ci avaient tendance à être chauvins et xénophobes et se questionnaient sur le type de relation possible avec ceux et celles qui voulaient se joindre à eux mais qui n’étaient pas du peuple choisi.

Ce qui importe aux yeux de Dieu, nous dit le Christ, n’est pas l’appartenance à un peuple ou à une race mais la foi et la confiance en Dieu. On se souviendra qu’il n’avait pu faire de miracle à Nazareth, son village natal, «à cause de leur manque de foi». Il avait dit à Pierre qui commençait à s’enfoncer dans les eaux du lac de Galilée : «Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté». Par contre il admire à haute voix la femme de Canaan : «Femme, ta foi est grande, que tout se fasse pour toi comme tu le veux». Il aura la même admiration pour le centurion romain : «en vérité, je vous le déclare, chez personne en Israël je n’ai trouvé une telle foi

Le Christ est d’abord venu pour les gens de son pays et lorsqu’il envoie ses premiers disciples en mission, il leur a dit: «Allez vers les brebis perdus d’Israël et non vers les païens et les Samaritains». Mais ensuite, à la fin de l’évangile de Matthieu, il élargit et universalise la mission : «Allez dans le monde entier et prêchez la bonne nouvelle du salut». Il commence d’abord dans sa propre maison (Israël) pour aller ensuite vers les autres. C’est une excellente approche missionnaire.

La Cananéenne est l’une des figures les plus sympathiques de la Bible.

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PÈLERINAGE À LA CHAPELLE FISCHBACH, le samedi 26 août 2023

Pèlerinage pédestre, sur les traces de nos anciens, à travers les Hautes Fagnes jusqu’à la Baraque-Michel.

L’année 1832, le curé de Sart-lez-Spa est désespéré. Une épidémie de dysenterie, mortelle à cette époque, décime ses ouailles. Pour contrer la maladie, il s’engage, si le fléau disparaît, à rassembler tout le village pour traverser le plateau des Hautes Fagnes en vue de rejoindre la chapelle Fischbach nouvellement érigée. Sa supplique sera entendue, le pèlerinage fagnard naissait. Cette coutume a survécu jusqu’en 1960.

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LE FRUIT DE TES ENTRAILLES EST BÉNI (LC 1, 39-56)

Tout avait commencé par un salut. Salut, toi que le Seigneur favorise et accompagne ! Étonnant message d’un ange, passeur de Dieu. Cette salutation révèle à Marie que Dieu avait un penchant pour elle. Elle ne pouvait pas le savoir d’elle-même. Elle avait eu besoin d’une parole qui le lui dît.
Une invitation accompagne cette salutation : Réjouis-toi ! Réjouis-toi, Marie, tu as attiré la faveur de Dieu ! Réjouis-toi, Église, va montrer à toute présence sous le ciel l’éclat de ta lumière (Ba 5, 3) ! Réjouis-toi, toi, disciple du Christ comblé de tant de bienfaits ! Y a-t-il joie plus grande que de se savoir aimé, et aimé de Dieu ?

Quand j’écoute la Parole de Dieu, quand je la médite et la prie, je suis dans l’attitude de Marie. Surpris, étonné, réjoui ! Dès lors, je frémis comme elle d’être à mon tour visité par la Parole. De voir la Parole se chercher en moi. Et moi, me trouver en elle.
Quand l’Église se met à l’écoute de l’Écriture, elle prend, elle aussi, le risque d’être enfantée par la Parole. Sans savoir où cela la conduira. La Parole veut entrer dans ta demeure jusqu’au plus profond de ton être, jusqu’aux articulations de ton existence. La Parole éternelle de Dieu ne désire rien tant que de s’incarner dans ta vie comme elle prend chair en Marie. Et quand cette Parole prend corps en toi, elle ne viole en rien ta liberté. Elle scelle une alliance et l’ouvre comme une promesse : Bonheur pour celle qui a cru que se réaliserait ce qui lui a été dit de la part du Seigneur !

La vie de Marie tournée vers son Seigneur ne s’arrête pas à l’annonciation. Elle ne va pas s’arrêter au moment où elle commence ! Ce serait un peu comme si notre vie de foi s’arrêtait à la fin de cette messe ! Il faut encore que le Christ grandisse en Marie. Il faut qu’il grandisse en toi. Qu’il m’arrive selon ce que tu dis, avait répondu Marie. Elle a dit oui.
Que faire de ce brûlant secret ?

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Notre foi peut faire des miracles…

Jésus marche sur les eaux. Combien de fois avons-nous entendu cette histoire ! Vous rappelez vous cette gravure de nos manuels d’école du dimanche représentant la barque des disciples secouée par les vagues et Jésus debout à côté ! faut-il croire à ce qui est raconté dans cette histoire, à la réalité de cette image que nous avons vue ? C’est l’une des questions qui se posent lorsqu’on lit ce texte. Et c’est une question qui revient assez souvent à propos de toutes les histoires de ce genre, nombreuses dans les évangiles. Alors, ne l’évacuons pas. Faut-il donc croire que Jésus a marché sur les eaux ? Regardons d’abord les inconvénients de chacune des deux réponses possibles.

La réponse affirmative en premier, celle qui heurte le plus nos contemporains : oui, Jésus l’a fait, puisque le texte le dit. Mais il y a une autre version de cet évènement dans l’évangile de Jean , qui diffère sur de nombreux points, et il n’en est question ni dans Luc, ni dans Marc. Où est alors la vérité puisque la relation de cet évènement est différente d’un évangile à l’autre et que les deux récits sont historiquement incompatibles. Si nous affirmons la vérité du texte, il faut l’affirmer sur tous les points, pour les deux récits et cela devient impossible. De plus cette réponse est totalement contraire aux convictions rationnelles et aux connaissances scientifiques de nos contemporains.

Pourtant la réponse négative comporte aussi des inconvénients majeurs. Que signifierait refuser que Jésus ait pu marcher sur la mer ? N’est-il pas, justement, l’incarnation du Fils éternel de Dieu ? Comment le Créateur serait-il incapable de marcher sur la mer, lui qui en est le maître? Refuser ce miracle au nom de la vraisemblance, c’est aussi refuser à Jésus la divinité au nom de la même vraisemblance

Et puis, refuser un élément du récit, c’est se donner la liberté de refuser les autres. Accuser le texte de mentir sur un point, c’est l’accuser d’être menteur tout court, et pourquoi pas sur tous les points ? Si je choisis dans ce récit, si je choisis dans l’Évangile, ce qui me plaît, et que je jette ce qui me déplaît, que va-t-il rester d’autre que ce que j’aurais pu écrire moi-même ? La Bible ne me sert alors plus à rien, et comme beaucoup de gens aujourd’hui, ma religion se réduit à l’envie que j’ai, à mes idées personnelles. Ma religion n’est plus qu’une projection de moi-même : je suis mon propre dieu

Devant de tels inconvénients pour chacune des deux réponses possibles : oui et non, que faut-il penser maintenant ? Je vous propose une fuite, mais une fuite qui n’en est pas une, au contraire. Je vous propose de considérer que la question de savoir si Jésus a marché sur la mer est une question sans intérêt ; plus même, une question qu’il n’y a pas lieu de se poser : Les évangiles, comme souvent, nous racontent ici une histoire qui n’a pas forcément de lien avec ce qui s’est passé vraiment ; une histoire pour nous faire comprendre qui est Jésus, ce qu’il fait pour nous ; une histoire qui est une forme de démonstration, généralement irrationnelle et imaginée pour nous convaincre . Comme l’a écrit Jean, en conclusion de son évangile : « Ces faits ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu et pour que en croyant vous ayez la vie en son nom ».

Alors reprenons l’histoire que Matthieu nous raconte :

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« La vie après », de Dominique et Annie SERVAIS-DENOËL

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