Un regard de confiance vers la croix

Aujourd’hui, saint Jean nous invite à «regarder» la croix. Il nous faut oser contempler le Crucifié et l’adorer. Ce regard vers le Christ Sauveur est un regard de foi, un regard de confiance et d’amour. En nous tournant vers le Christ, nous accueillons la guérison et la vie.

La croix est le fruit du mal et de la haine de ceux qui ont rejeté Jésus. Mais Jésus a préféré livrer sa vie plutôt que de détruire ceux qui le rejetaient. Ainsi, en renonçant à faire violence et en choisissant de livrer sa vie, l’esprit de bonté et de compassion qui habite Jésus, est devenu le chemin par où Dieu nous transmet sa miséricorde. Sur la croix, Jésus est l’image la plus parfaite de Dieu et de son amour. Ce Dieu-Père de Jésus, qui se révèle sur la croix, est le Dieu qui n’est qu’amour. C’est un Dieu fragile, vulnérable et désarmé. C’est un Dieu qui ne peut s’imposer, car on ne peut imposer  ou «acheter» l’amour. C’est au contraire un Dieu qui s’est exposé au refus de l’être humain. Un Dieu qui attend éternellement notre consentement sans jamais se lasser. Un Dieu veut nous sauver de notre propre destruction qui est de ne pas aimer.

Le serpent cloué sur le bois est signe de la victoire de Dieu sur le mal, signe de son amour qui n’a de cesse de vouloir guérir et sauver tout être humain. La mort de Jésus est un don d’amour, et c’est pourquoi elle est source de pardon. Seul celui qui aime peut recevoir la force de pardonner. Le cœur de Jésus n’a jamais connu le mal et il s’est gardé dans l’amour jusqu’à la mort: c’est pourquoi sa mort peut devenir un don de vie pour les autres.

Au contraire, celui qui n’a de relation avec Dieu qu’à travers les lois, les obligations et les interdits, celui qui vit sa relation avec Dieu comme avec un dangereux concurrent, celui-là ne peut venir à la lumière que lui propose Jésus, pour qui cette vision d’un Juge – qui ne peut être Père – est le péché le plus grave. Le Malin ne combat pas toujours Dieu ouvertement: sournoisement, il trace de Dieu le portrait d’un Créateur dont il faut avoir peur et dont on ne peut se laisser simplement aimer (Genèse 2).

Dieu : non pas une limite, non pas une menace, non pas un interdit, non pas une vengeance, mais l’Amour agenouillé qui attend éternellement le consentement de notre réponse libre et aimante. Le Bien est Quelqu’un, le Bien est une Personne, le Bien est une Vie… Toute la sainteté est là: laisser vivre cet Autre en nous, qui est confié à notre amour. En Jésus, il n’y a plus de morale, il y a une mystique. Le bien, c’est nous en état de «oui» ouvert et confiant; le mal, c’est nous en état de «non» replié et anxieux.

http://www.kerit.be, extrait du site https://www.cathobel.be/

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« Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai »

Homélie du 3ème dimanche de carême

Jésus chasse tout le monde du Temple avec un fouet en disant: “Ne faites pas de la Maison de mon Père une maison de trafic”.    Quel scandale  ! diraient certains et à d’autres de dire: «  Ah! comme la bonté du Christ est loin de cette bonté, de cette charité doucereuse  que l’on nous prêche aujourd’hui  !  » Non ! Chers frères et sœurs, la colère n’est pas toujours un péché. Il y a de bonnes, de saintes colères ! Quand elles sont motivées par l’indignation devant des choses inadmissibles !

En une autre circonstance, Saint Marc détectera, dans le cœur du Christ, un sentiment de colère : c’est à l’occasion de la guérison de l’homme à la main desséchée, alors que ses ennemis l’épient pour voir s’il guérira cet homme bien que ce soit un jour de sabbat  ! Jésus fait exprès de bien le camper devant tout le monde, puis il pose la question  : « Est-il permis un jour de sabbat de faire du bien plutôt que du mal  ?» Et comme eux se taisaient, Jésus, dit Saint Marc, promena sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leur cœur et il guérit le malheureux (Mc. 3, 4-5).

Quels sont donc les motifs qui suscitaient dans le cœur du Seigneur ce sentiment de colère ?

Dans cette scène des vendeurs chassés du temple, la colère du Christ provient, il le dit lui-même, d’un triple motif  :

  •  D’un manque de respect envers son Père dont on profane la maison.
  •  De ce commerce, sans doute plus ou moins honnête, installé dans le Temple de
    Dieu.
  •  Enfin d’un mépris de la part des juifs pour les gentils, les païens, même lorsque
    ceux-ci voulaient prier le vrai Dieu.
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Mc 9, 2-10 Être dans la confidence

L’Eglise nous propose toujours de considérer la scène de la  Transfiguration au début du Carême… Avant l’épreuve, il est toujours donné à celui qui va l’affronter un signe pour montrer vers où elle débouchera. C’est ainsi que la foi peut s’engager. La foi est réponse à un appel, à une promesse. Cela est vrai pour Notre Seigneur Jésus Christ, cela est aussi vrai pour nous, notamment en ce temps de Carême.

Dans cette riche scène de la  Transfiguration, il y a ce qui se passe entre Jésus et ses protagonistes, la parole du Père qui émane de la nuée et il y a les disciples, Pierre, Jacques et Jean. Ils sont les témoins de cette scène, ils ont été mis dans la confidence.

A travers eux, nous pouvons revivifier notre propre manière d’être chrétien, baptisés. De leur manière de faire, nous pouvons mieux comprendre, je pense, comment Dieu se communique, nous pouvons aussi percevoir la place que nous recevons aussi dans la révélation de la gloire de Dieu aujourd’hui, celle à l’image du Fils, comme Roi, Prêtre et Prophète.

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MATTHIEU 6, 7-15 ; LA PRIÈRE

L’heure est à la sincérité de notre être devant Dieu. Le priant est appelé à toute discrétion et à l’intimité de la présence divine en lui. Il doit fermer la porte de sa chambre et se tenir, seul, dans le secret, comme il est, dans la disposition où il est, sans paroles apprises par cœur, sans rabâchage, sans bavardage, sans chantage à Dieu. Vivant debout devant Dieu.

Dieu voit dans le secret, Dieu scrute les cœurs et les reins, et Jésus appelle ses disciples à dialoguer avec le Père, à ce point d’intimité et d’union.

Jésus fait le don de ses propres paroles adressée à son Père, en incluant tous les hommes ses frères.

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Jésus au désert (Mc 1, 12-15)

Chaque année, le premier dimanche de Carême nous propose le récit des tentations de Jésus au désert. Nous sommes surtout habitués au récit de Saint Mathieu qui décrit trois tentations suggérées par Satan. Mais chaque fois, Jésus les repousse par une citation de l’écriture, la parole de Dieu. Saint Luc reprend les mêmes, dans un ordre différent.

Le récit de Saint Marc nous surprend par sa brièveté au point que nous nous demandons si nous l’avons bien entendu. La scène a lieu aussitôt après le baptême. Jésus est poussé au désert par l’Esprit et il reste pendant quarante jours. C’est cet Esprit qui est descendu sur lui lors du baptême dans le Jourdain quand, au même instant, la voix du Père proclamait : « Tu es mon Fils bien aimé, en moi j’ai mis tout ton amour ».

Pleinement investi de sa fonction messianique, Jésus va désormais proclamer la Bonne Nouvelle du Royaume et c’est fort de l’Esprit Saint qui est la puissance de Dieu qu’il va pouvoir remplir sa mission. Ce faisant, il répond parfaitement à la volonté de son Père. Mais cette mission dont Jésus est investi provoque les assauts de l’Adversaire, le diable, le diviseur. Par ces insinuations, il essaie d’en détourner Jésus. Mais celui-ci sort vainqueur du combat.

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