Une voix connue nous la reconnaissons quoiqu’elle dise. Elle nous donne ainsi accès à celui qu’elle désigne. Elle nous ramène également à nous-mêmes de par la fidélité vécue dans la durée de notre écoute… La voix peut porter successivement diverses paroles mais nous savons que c’est toujours la même voix, émanant de la même personne qui nous relie à notre propre histoire, histoire en partie formée par cette relation…
Aussi lorsqu’une nouvelle parole surgit au cours de ce qui devient son histoire sainte, le Peuple de Dieu va d’abord sentir, en reconnaissant la voix, que celui qu’elle désigne (Dieu) revient vers lui (le Peuple). La voix l’appelle toujours à la racine de son être, à ce qui peut répondre en lui dans le temps, le lieu de sa fidélité… Cette voix, celle du mystère de Dieu, parle dans la parole et le cœur de certains hommes, les prophètes.
Les prophètes sont ceux qui donnent, comme malgré eux, leur parole et leur être (leur voix et leur corps) pour que la Voix se fasse entendre… comme aujourd’hui le Baptiste au milieu du désert…
Ce qui est vrai du Peuple est aussi vrai de chacun de nous. Par le truchement de la durée de sa voix, la parole de la personne aimée, dans sa nouveauté d’aujourd’hui, quelqu’elle soit, résonne en moi, en me ramenant à ma propre identité.
Cette voix dans le désert est donc à entendre bien au-delà de la parole de malédiction, de vitupération … La malédiction signe même plus fondamentalement l’entrée dans un temps enfin nouveau. Celui qui porte cette voix, qui anime ces paroles, va venir, se donner à voir, à toucher, à comprendre.
A celui qui vient, Dieu, je vais sans fard, sans illusion sur moi mais avec grande espérance car lui vient et il porte la possibilité de la nouveauté, de la vraie vie. Je l’espère.
Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite, extrait du site https://jardinierdedieu.fr/



