Lc 2, 22-40 : La joie de Syméon et d’Anne, celle de deux pauvres.

Une scène d’un charme sans cesse renouvelé. Syméon et Anne accourent, pleins de joie. Elle semble s’amplifier d’elle-même cette joie avec l’étonnement de Marie et de Joseph. L’enfant apparaît comme revêtu d’une force extraordinaire, capable d’attirer quiconque dans la réjouissance.

Mais il nous faut peut-être faire un pas de plus et prendre conscience que cette joie, aussi bien pour Anne que pour Syméon, vient d’un cœur qui, avec l’âge, la perte, la vieillesse, s’est appauvri. Anne est une pauvre veuve sans recours. Syméon le déclare lui-même : il attend la mort, perdant tout de ce qui a fait sa vie. 

La joie vient, en fait, de la pauvreté acceptée, offerte et, par-là, rendue capable et de demander et de recevoir, d’entrer ainsi dans un autre mode d’échange. Peu à peu, nous pouvons prendre conscience que notre vie n’est qu’une partie d’une vie plus grande qui, à la fois, nous appauvrit et nous enrichit. 

Qui que nous soyons sachons nous inscrire dans cette attente, qui vient à nous jour après jour, qui nous donne de pouvoir recevoir le Seigneur qui vient à nous sous la forme d’un enfant, d’une fragile promesse. Recevons chaque appauvrissement de notre vie comme un progrès. Il nous ouvre à la possibilité de recevoir 

Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite, extrait du site https://jardinierdedieu.fr/

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« Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie »

En ce dernier dimanche du cycle de No–ël – contraction de emmanou–El, avec nous, Dieu – nous venons nous présenter au Seigneur qui ne cesse de nous conduire et le prions. Et voici que sa Parole nous apprend la prière pressante que lui-même nous adresse par son prophète Isaïe : « Ecoutez-moi : vous tous qui avez soif, venez ! Ecoutez-moi donc ! Prêtez l’oreille ; venez à moi et vous vivrez !

Le Seigneur nous propose infiniment plus que ce que nous pouvons demander et même concevoir :  Dieu nous donne sa Parole faite chair. «  Je ferai avec vous une alliance éternelle, car vos pensées ne sont pas mes pensées et ma parole ne me revient pas sans effet ». St Jean nous dit que la Parole qui nous apprend l’amour, est Jésus-Christ. Entrer dans une vie d’identification avec Jésus-Christ nous est donné par notre foi en lui. Elle se réalise par notre baptême qui nous configure au Christ et nous associe à sa mission.

Jean le Baptiste, se sait le précurseur : en plongeant ses disciples dans l’eau purificatrice, symbole de mort et de vie, en signe de conversion, il annonce un envoyé de Dieu qui plongera les convertis dans l’Esprit-Saint : la Vie même de Dieu qui fait passer de la mort à la Vie avec Dieu, alliance nouvelle et éternelle.

Jésus vient de l’obscure bourgade de Nazareth. Il est à l’écoute de l’œuvre de Dieu pour son peuple. Il lit les signes du temps dans l’invitation de Jean Baptiste à se tourner vers Dieu et dans l’humilité se soumet au rite du baptême.

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Sans doute les mages sont-ils des personnages plus symboliques qu’historiques. Mais ils représentent surtout l’homme en quête de sens.

Si la fête de Noël est une des plus chères au cœur du peuple chrétien, elle garde malgré tout un caractère de discrétion. Dieu vient se faire l’un de nous en la personne du petit enfant de Bethléem. C’est une lumière qui vient déchirer notre nuit. La fête que nous célébrons aujourd’hui est peut-être moins bien comprise du plus grand nombre – surtout si on la réduit à ses aspects folkloriques. Mais elle est d’une grande importance car elle amplifie le mystère célébré à Noël : c’est la manifestation de Dieu au monde entier. Ces deux fêtes sont donc complémentaires.

À Noël, nous célébrons la venue du Messie annoncé par les prophètes, attendu par le peuple d’Israël, et révélé aux âmes, représentés en l’occurrence par les bergers. Aujourd’hui, l’Evangile selon Saint Matthieu nous rapporte la venue des mages d’Orient, les astrologues païens. Isaïe notamment, annonçant que les rois des nations viendrait annoncer le Seigneur. Ainsi, à travers, ce sont les païens qui sont représentés. S’il s’est choisi un peuple avec Abraham et ses descendants pour préparer la venue du messie, Dieu mette aussi chez les païens le désir de le chercher et de le connaître.

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La sainte Famille – Luc (2, 41-52)

Au lendemain de Noël, nous contemplons à nouveau le mystère de l’incarnation : Dieu en Jésus rejoint notre humanité et s’inscrit dans la vie familiale. Guidé par Marie et Joseph, vers sa maturité humaine et spirituelle, Jésus, à 12 ans, accomplit son engagement religieux par l’attachement personnel à la Loi de Dieu – la Bar Mitzvah – équivalent dans son milieu juif de ce qui deviendra pour nous la Profession de Foi. Son attitude et sa parole, qui ne sont plus d’un enfant, nous invitent à comprendre qu’il est pleinement homme et qu’il est pleinement Dieu-avec-nous. Marie et Joseph, qui gardaient dans leur cœur les paroles de l’ange à leurs annonciations sont ramenés au mystère de sa naissance et nous-mêmes avec eux dans l’accueil de l’évangile pouvons approfondir la grâce de notre adoption filiale.

Jésus, comme homme donne à nos familles sa noblesse la plus grande. Voyez comme Marie et Joseph en s’aimant sous le regard de Dieu, ouverts au mystère de la naissance de Jésus, l’accompagnent dans l’apprentissage de sa liberté humaine, dans l’apprentissage humain de l’amour, respectueux et confiants : ils laissent Jésus approfondir son expérience d’engagement religieux une journée entière sur le chemin du retour…  Nous sommes appelés à accompagner nos enfants dans un amour respectueux et confiant, même si leur chemin s’écarte parfois de celui que nous leur avons tracé jusque-là et que nous pouvons dire avec Marie : »Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi! ».

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« Bienheureuse celle qui a cru » Luc 1, 39-45

Deux femmes se saluent sur le seuil de la Nouvelle Alliance : l’une est vieillissante, l’autre encore toute jeune ; et à elles deux elles résument toute l’histoire sainte : derrière Élisabeth, toute ridée, se profilent de longs siècles de préparation, et Marie, rayonnante, sans tache ni ride, annonce l’Église de Jésus. Elles ont en commun leur espérance et leur maternité, mais surtout le fait que leur maternité les engage tout entières dans le plan de Dieu, et que leurs deux enfants sont des enfants de l’impossible : Élisabeth était stérile, et Marie avait décidé de rester vierge.

Toutes deux témoignent dans leur chair que rien n’est impossible à Dieu ; mais quelle différence entre les deux bébés qu’elles portent ! L’un, par miracle, est le fils de Zacharie, l’autre, par miracle, est le propre Fils de Dieu. C’est pourtant Marie qui salue la première, elle la servante porteuse du Serviteur ; mais dès que le son de sa voix parvient à Élisabeth, celle-ci sent son enfant tressaillir dans son sein. Il n’y a là, en soi, rien d’extraordinaire pour une mère qui en est à son sixième mois, mais l’Esprit Saint, qui fait irruption en elle, lui dévoile la portée symbolique de ce mouvement de l’enfant au moment même de l’arrivée de Marie.

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