Retraite en doyenné dans le cadre de l’Année Sainte 2025

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Après son baptême, Jésus… fut conduit par l’Esprit à travers le désert. Luc 4,1-13

Jésus vient de recevoir une reconnaissance de son identité et de sa mission dans la manifestation trinitaire. De là, en le conduisant au désert, lieu de solitude, de manque… l’Esprit le conduit à vrai dire dans l’épaisseur quotidienne de son histoire, qui est aussi celle de l’histoire de son Peuple, celle de l’histoire de tout homme. Comme le Peuple sauvé par la traversée de la Mer rouge et appelé à vivre selon la promesse du Sinaï, il se retrouve à errer dans le désert, où, comme le Peuple, il est mis à l’épreuve, il éprouve la faim, le manque. Ce que vit Jésus, en ces quarante jours, est aussi semblable à ce que vit tout homme particulier. Jésus connaît là, les jours d’après un grand événement qui a mis en mouvement, en espérance tout homme particulier (amour ou succès ou acquisition de statut ou confirmation de projet)… En quoi consiste donc l’épreuve de Jésus, du Peuple, de tout homme ? Malgré le manque présent éprouvé de ce qui soutenait, continuer l’histoire de la promesse reçue (et vivre de la relation) ou renoncer à celle-ci (en laissant tomber ou en prenant des moyens rapides, non conformes à la promesse et qui la dévoient) : l’enjeu est bien de croire à la dimension spirituelle de notre existence et de se comporter en conséquence au quotidien, de devenir témoin fiable.

Le démon lui dit alors…Le démon attaque en Jésus, dans le Peuple et en nous ce qui est porteur de sens… selon le temps présent (faire face), le temps à venir (obtenir le résultat) ou le temps passé (exprimer son identité). Il propose à Jésus la solution rapide pour faire face à la faim en lui offrant du pain : il renoncerait alors à la liberté spirituelle de s’exprimer… Il propose à Jésus d’aller au bout de sa mission universelle en lui donnant pouvoir sur les peuples : il renoncerait à la réponse libre des autres… il propose à Jésus d’éprouver son identité en lui donnant de réaliser un exploit qui force son Père : il renoncerait à la parole libre de son Père, en lui forçant la main. Les tentations attaquent ainsi la liberté et la vérité de la relation dans le temps, et donc la possibilité pour celle-ci de se déployer, de devenir… Il est cohérent que Jésus réponde à partir de simples citations de la Parole de Dieu. Jésus n’entre pas dans la tentation car il reste simplement et pauvrement fidèle à la condition de la relation qui le rend homme, le respect des conditions de la parole entre le Créateur et sa créature. Il ne dit ici que ce chacun de nous devrions pouvoir dire… Il devient ainsi fiable, porteur de la promesse. Il nous offre ainsi les conditions d’un dialogue en vérité avec lui.

Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le démon s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé. L’épreuve est traversée, un temps nouveau où ce qui est promis à Jésus ainsi qu’à ses interlocuteurs va pouvoir se vivre, devenir. Jésus s’est montré capable de porter les conditions véritables d’ouverture d’un dialogue, il offrira le pôle de vérité à toute rencontre… Un avenir s’offre à chacun de nous… Je puis lui parler en vérité, car lui est vrai… Il peut me donner de le devenir aussi.

Père Jean-Luc Fabre, extrait du site https://jardinierdedieu.fr/

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Mercredi des cendres

Attention que l’horaire des célébrations du mercredi des cendres est quelques peu inhabituel…

Il y aura eucharistie à JALHAY à 10h30 et à Sart à 18h.

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Lc 6, 39-45 “Frère, laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil”

Jésus est sur son chemin de vie et de là il entraine ses frères humains vers le Royaume. Il doit maintenant à ce moment de son parcours faire face au risque que rencontre toute réussite : celui d’être imitée, mal imitée par d’autres. C’est en effet une imitation extérieure, une copie frelatée, qui ne prend pas en compte notamment la réalité vraie de la situation. Aussi, ici, Jésus morigène ses interlocuteurs en les traitant d’hypocrites. Découvrons la promesse de vie qui demeure sous les critiques et mises en garde de Jésus.

« Mais une fois bien formé ». Chacun de nous est habité par un désir de perfection de bien faire les choses, et par le succès se donner la sensation d’être « plus ». Cela nous conduit souvent à vouloir reprendre l’autre pour l’aider à s’améliorer lui aussi. Mais, sous ce mode altruiste, se cachent en fait bien souvent une volonté de puissance, une jalousie envers l’autre, une étroitesse de considération de la situation, ainsi que des jugements hâtifs et cinglants. Cela n’est pas le bon chemin, celui de la vie qui se donne. Jésus est très clair sur ce point. Oui il y a la possibilité de progresser pour l’autre, pour quiconque, mais la vraie approche pour aider l’autre demande de commencer d’abord par s’aider soi-même, de progresser sur son propre chemin. Ce progrès pour l’autre passe donc en premier lieu par ma propre transformation intérieure. De cette expérience primitive et transformante, vécue, la personne voulant aider pourra en effet adresser à l’autre une parole ajustée, l’aidant vraiment à progresser. Elle pourra davantage le rejoindre là où il est et lui proposer une démarche qui le mettra lui-même en chemin sur sa propre route. Elle sera alors envers lui comme l’aura été jadis son propre maître : bon et vraiment aidant, plein de bienveillance et de patience.

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Lc 6,17.20-26. Les heureux et les malheureux

Jésus est en mouvement, il va, il descend de la montagne, il entraîne les autres, les Douze, il imprime un mouvement : il agit. Mais surgit devant lui la foule des disciples et tout aussitôt son attitude change. De l’action, il passe à la contemplation, il reçoit, il regarde et, de là, encore, naît en lui une nouvelle parole, parole de reconnaissance de ce qui se donne à lui… Ainsi, nous percevons combien l’action de Jésus est tendue vers la contemplation de l’action d’un autre. Il agit pour que l’autre action, celle du Père, puisse se manifester, porter du fruit, ce fruit qui se manifeste sous la forme de cette foule qui vient à Lui et à qui il s’adresse, touché, du fond du cœur…

Le premier mot qui vient de ce cœur touché par la révélation de l’autre est celui de la bénédiction : dire du bien, donner à chacun en retour de réaliser le don qui lui est fait, la promesse qui s’ouvre à lui : « Heureux »… mot qui sera repris en contrepoint par l’autre mot « malheureux ». Réalisons bien que ce qui est visé entre heureux et malheureux, c’est surtout dans une première approche le type de situation à affronter. La situation me donne de m’ouvrir ou de m’enfermer. Jésus invite les disciples, qui viennent à lui et nous aussi, à mesurer ce qu’apporte avec elle la situation : la pauvreté ouvre au Royaume, la richesse donne la consolation immédiate qui risque de m’enfermer. Faim, pleurs ouvrent eux aussi, être repus, rire enferment… Appel à croire que la situation est riche, qu’elle me conduit à ma vraie fin, croire que ce qui s’impose à moi est source de vie si je l’accueille.

Comment Jésus peut-il dire tout cela, à d’autres hommes, sans le vivre lui-même ? La quatrième béatitude signe que Jésus parle à ses disciples dans cette parole de bénédiction, à partir de sa propre expérience, du chemin sur lequel il marche, chemin que les disciples qui viennent à lui, commencent à entamer et qu’il leur révèle… chemin d’être en butte, comme lui, à l’adversité des hommes qui ne reconnaissent pas ceux qui parlent à partir de ce qui germe en eux, et vivent de leur propre gloire. Cette parole a déjà été annoncée à la synagogue de Nazareth… Être disciple de Jésus, c’est comme lui et en son nom, parler de ce qui germe en moi, de ce qui me donne goût et joie… Être disciple, c’est être sur le chemin de la vie… parole qui suscite le désir de vivre, qui engendre d’autres libertés… parole qui ouvre au Royaume de Dieu.

Père Jean-Luc Fabre, extrait du site https://jardinierdedieu.fr/

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