Fêter l’Épiphanie !

S’il en est qui ne furent pas confinés ce sont bien eux, les mages ! Et il ne manque pas d’humoristes pour nous faire sourire avec ceux-là qui se déplacent en zone rouge et devront rester en quarantaine au retour. Et Marie et Joseph devant fermer les portes de l’étable à deux des mages, car ils ne peuvent recevoir qu’une seule personne dans leur bulle…

Il y a de fait quelque chose de très paradoxal à célébrer l’épiphanie en mode confiné puisque la fête nous engage à nous mettre en route pour se risquer sur les chemins à la rencontre de Dieu, à aller ensuite à la rencontre de nos frères pour être témoins de la grâce dont nous avons été les premiers bénéficiaires.
Mais bon, une fois encore nous ferons preuve de patience et de solidarité avec le monde des souffrants et des soignants… et resterons, pour la plupart d’entre nous, à la maison pour une prière domestique mais non moins engagée, ouverte au monde et à sa quête d’espérance.

La lumière qui s’allume à Bethléem en ces longues nuits est fragile encore, mais elle est pleine de promesse. Ma maman aimait citer ce dicton qui affirme que « C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière. »
Bonne fête d’épiphanie à tous et à toutes. Que le Christ, étoile du matin, conduise vos pas chaque jour…

Méditons :
Tout commence au bout de nulle part, dans un obscur village, d’une obscure contrée aux confins de l’empire romain. L’événement est resté on ne peut plus discret. Une naissance comme beaucoup d’autres, passée sans doute bien inaperçue aux yeux de la grande histoire, aux yeux de l’histoire des grands !
Et pourtant… Pourtant quelque chose débutait là, petitement, qui devait grandir et s’étendre et finir par bousculer la grande histoire, l’histoire des grands. Quelque chose s’enclenchait là, secrètement, qui devait déborder et se répandre au-delà de ce qui était même imaginable.
L’évangéliste Matthieu l’a compris et annoncé en mettant au premier acte de son récit l’histoire des mages venus d’Orient, arrivés de loin et repartis au loin le cœur plein de lumière. Matthieu écrit son évangile pour des communautés issues du judaïsme. Or les juifs avaient tendance à garder pour eux, presque jalousement, Dieu, sa Parole et la foi et l’espérance qui en découlent.

L’évangile de Matthieu s’ouvre dès lors par une explosion : frontières et barrières tombent, les privilèges aussi ! Et l’événement de Bethléem, et plus largement « l’événement Jésus », toute sa vie, toute son œuvre ne sont plus destinés à quelques uns mais à tous. A l’autre bout de l’évangile, Jésus le dira clairement : « De toutes les nations, faites des disciples. » (Mt 28, 19) C’est comme si les mages l’avaient déjà entendu qui repartent promptement communiquer la Nouvelle !

Tout commence au bout de nulle part, dans un obscur village, d’une obscure contrée aux confins de l’empire romain. Le miracle – et je pèse mes mots ! – c’est que la lumière née là-bas se soit répandue dans le monde entier, pour tous les hommes dont ces mages venus d’ailleurs sont les précurseurs et comme les symptômes. Le miracle – et je pèse mes mots ! – c’est que l’espérance née là-bas se soit propagée jusqu’à nous. De bouche à oreille, de cœur à cœur, de croyant en croyant…

Dans le courant du mois de décembre, chaque année, même celle-ci aux conditions si particulières, une flamme est allumée à Bethleem : « la lumière de la paix ». Elle est gardée et transmise précieusement, elle parcourt les kilomètres, passe les bornes, transgresse les clivages politiques et raciaux… Le périple de cette flammèche, c’est plus qu’une image : elle dit la douce force communicative de l’Évangile et sa capacité à rejoindre et à éclairer chaque homme dans sa nuit. Là-bas et ici ; alors et aujourd’hui.
C’est Épiphanie : quand une lumière s’allume et se met à scintiller. « Je suis, dira Jésus, la lumière du monde. » (Jn 8,12) Mais aussi, à notre intention, « Vous êtes la lumière du monde. On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. » (Mt 5, 14-15)

Et moi ? Le Christ est-il lumière de ma vie ? Son étoile guide-t-elle mes pas ? Qui sont ceux qui m’ont transmis cette flamme et pour qui je veux rendre grâce ? Qui sont ceux à qui je veux la transmettre à mon tour ? Comment suis-je lumière pour mes frères ? Quelles paroles, quels gestes posés sont-ils lumineux ? Quelles habitudes, quelles attitudes sont-elles boisseau pour la lumière ? Quelles habitudes, quelles attitudes sont-elles porteuses d’espérance pour mes frères ?

Olivier Windels, extrait du site http://www.evechedeliege.be

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