Combien de fois dois-je lui pardonner ?

Commençons par un sondage. Estimez-vous qu’il est possible ou impossible de pardonner les auteurs des crimes suivants?
l’assassinat d’un enfant
le massacre d’une population
le trafic de drogue
la transmission volontaire ou négligente d’une maladie contagieuse grave
la faillite frauduleuse d’une grande compagnie
l’abus sexuel sur de jeunes enfants
les responsables d’un acte de terrorisme …

Ces situations démontrent  bien l’extrême difficulté et l’ambiguïté du pardon.

La série « La loi du  retour » de Marc Laurendeau diffusée sur les ondes de Télé-Québec  est consacrée à ce thème du pardon. Des personnes ont été prises en otage, elles ont été victimes de violence, ou elles ont été tuées dans un accident alors que la personne responsable était ivre. Dans la série, les victimes ou leurs parents rencontrent la personne coupable et qui les a fait souffrir.  Certains ont réussi à  pardonner le crime ou l’accident. D’autres non.

Un pays sans prison n’existe pas, même dans le pays le plus démocratique.  La société ne  pardonne pas; elle  exige réparation et justice.  Dans plusieurs d’États américains où la peine de mort est en vigueur, les familles des victimes peuvent assister à l’exécution de l’assassin de leur proche. Ces personnes disent  généralement après cet événement médiatisé: « Ce n’était pas de la vengeance, j’espérais en retirer du soulagement. » Mais ni le soulagement, ni le pardon, ne sont venus.  

Le Notre Père dit bien : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » C’est clair mais dans la réalité, le pardon est-il une utopie religieuse ? La plupart des religions demandent effectivement de pardonner, mais en pratique, le pardon est-il possible ?

Le pardon n’est pas seulement l’oubli. Le pardon n’est pas seulement décider de n’être plus fâché.  Le pardon, c’est une victoire sur la peur, sur la haine, sur le mépris et sur le mal qui empoisonne la vie humaine. Si on ne sait pas que Jésus est mort à cause du mal qui empoisonne la vie,  on ne comprendra jamais le sens du pardon. Si on ne croit pas que Jésus a vaincu le mal par la force même du Père, on ne comprendra jamais ce que signifie remettre les péchés.

Ne pas pardonner, c’est entretenir en soi un sentiment négatif à l’égard de celui ou celle qui nous a fait du tort. En agissant ainsi, non seulement nous portons  un jugement mais encore nous fermons une porte, nous bâtissons un mur entre l’autre et nous. L’amour ne peut régner que là où règne déjà la paix. L’homme ne peut être en paix avec Dieu s’il ne l’est avec son frère et sa soeur. C’est le sens de la parabole du serviteur impitoyable. Si nous ne pardonnons pas, notre relation avec Dieu est entachée et nous sommes obligés de dire le Notre Père à l’envers: Père, ne nous pardonne pas, car nous ne pardonnons pas.

Pardonner, c’est d’abord ne pas juger. Pardonner, c’est faire vivre notre foi. Pardonner, c’est  nous ouvrir à la  miséricorde sans fin de Dieu. Ainsi, nous bâtirons la paix autour de nous et en nous. Nous devons devenir, comme le disait François d’Assise, des artisans de paix !

Serge Lefebvre
d’après diverses sources

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