Réflexion pour le 23e dimanche ordinaire année C

De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple. Quel est celui d’entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Car, s’il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui : ‘Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever !’ Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui vient l’attaquer avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander la paix. De même, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple.
Êtes-vous déjà allé au magasin afin d’aller y acheter un cadeau pour quelqu’un que vous aimez ou une sucrerie pour vous-même ? Si c’est le cas, vous vous êtes sûrement promené longtemps et avez réfléchi longuement avant de fixer votre choix. Une fois votre choix fixé, vous vous êtes dirigé vers le comptoir et avez tendu votre article à la caissière. Mais quand cette personne vous dit le coût de votre achat, vous vous rendez tristement compte que vous n’avez pas assez d’argent pour l’acheter. Quelle déception ! Si seulement vous aviez su d’avance le coût de cet objet, vous auriez pu apporter assez d’argent pour l’acheter ; ou bien vous auriez pu faire des petits travaux dans le voisinage afin de vous procurer l’argent manquant.

Vous est-il déjà arrivé de voir dans votre voisinage une maison qui ne soit qu’à moitié construite et sur laquelle on n’a pas effectué de travaux d’amélioration depuis longtemps, ayant pour résultat que, au bout d’un certain temps, la maison tombe en morceaux pour finalement s’écrouler totalement ? Cela est probablement arrivé parce que la personne qui construisait cette maison n’a pas bien évalué ce que cela lui coûterait véritablement avant d’entreprendre cette construction. C’est pourquoi cette maison n’est qu’à moitié construite, car la personne a manqué d’argent pour pouvoir la terminer complètement.

Quand on n’a pas assez, il faut faire avec ce qu’on a. La leçon semble évidente, transparente, banale. Mais la phrase qu’ajoute Jésus transforme cette évidence en un programme de réflexion: « De la même façon, quiconque parmi vous ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple ». En disant cela Jésus ne s’adresse pas spécialement à des moines et à des religieuses qui auraient fait vœu de pauvreté, mais à tous et à toutes, là où ils vivent.

Le bon sens fait place à la folie des Béatitudes, à l’aventure de la foi. Quand il s’agit de bâtir ou de guerroyer, on n’a jamais assez; mais quand il s’agit de suivre Jésus, on possède toujours trop, on s’appuie toujours trop sur son avoir, on s’enferme toujours trop dans le désir d’avoir ou d’avoir plus, tant dans les richesses matérielles que dans celles de la culture ou du pouvoir. Aimer Dieu de toutes nos forces, devenir disciple de Jésus, c’est l’urgence de notre vie. C’est pourquoi la prudence consistera souvent à tout sacrifier, pour rejoindre Dieu qui nous aime et pour travailler à son règne; la réponse sensée sera de lâcher prise, et de tout transférer au compte de Jésus; la véritable richesse sera de rester libre de toute possession et de laisser Dieu nous appauvrir, nous dépouiller même de nos misères. Jésus ne propose pas ces deux hommes en exemple pour la valeur de leurs convictions ou de leurs motivations, mais pour leur réflexe initial: ils ont commencé par s’asseoir.

S’asseoir pour ne pas être à genoux devant des idoles qui ont noms vitesse, performance, relativité, concurrence, paraître, superficialité, artifice, faux-semblants. S’asseoir pour prendre la mesure de soi-même, de son histoire, de ses projets ; pour regarder son passé et son avenir avec leurs poids réels.

S’asseoir pour se réconcilier avec le temps qui passe et qui donne, jour à après jour, son message de vérité sur soi, sur les autres, sur la vocation de tous et de chacun. S’asseoir, c’est là une clef de ces paraboles: il faut bien penser aux conséquences de ses décisions. La décision dont il est question est celle de suivre Jésus. Avoir la foi, pour un chrétien, est en fin de compte bien malcommode et bien dérangeant. Une foi qui met à l’aise et qui rassure n’est plus que l’ombre d’elle-même, et c’est alors que Jésus se retourne et dit: Si quelqu’un vient à moi…

Dieu dit que notre vie peut ressembler à cette moitié de maison. C’est comme pour Julie. Julie habite une semaine avec sa mère et l’autre semaine avec son père. Elle n’a pas le choix, c’est comme ça maintenant, même si elle trouve difficile de devoir dire si souvent « Au revoir papa » ou « Au revoir maman». Alors, elle s’assoit puis elle se dit qu’une moitié de maison, plus une autre moitié de maison, ça fait une maison complète.

Prenons le temps de nous asseoir et de mesurer notre vie!

Serge Lefebvre d’après diverses sources extrait du site https://francoisassise.homestead.com

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