30e dimanche du temps ordinaire, année A

« Les pharisiens, apprenant qu’il avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » »                                                                                                                       Nous sommes dans une atmosphère de suspicion de Jésus, dans la polémique. Jésus continue sa marche, il parle en fonction de ce qui compte pour lui. Il va ouvrir l’esprit et le cœur de ses adversaires. Il ne dévie pas, il rend hommage à la vérité en condensant, d’une manière extrême, toute la foi d’Israël, en conjoignant l’amour de Dieu et l’amour des frères. Il énonce une attitude d’amour qui aide chacun à cheminer dans la vraie vie en toute situation. Cette mise à l’épreuve de Jésus dans l’Évangile lui permet de dire ce qui lui tient le plus à cœur. C’est vraiment une bonne nouvelle pour l’humanité. La coïncidence de l’Amour de Dieu et de l’amour des frères est si fort dans la Parole : « Tu ne maltraiteras point l’immigré qui réside chez toi. S’il crie vers moi, dit Dieu, je l’écouterai car moi je suis compatissant. » C’est une invitation à revêtir les sentiments qui sont dans le cœur de Dieu qui nous est donné là. Les juifs comptaient 613 commandements à observer répartis entre « grands » et « petits » commandements. Jésus parlera en effet du « plus grand » des commandements.         

« Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Jésus invite à « aimer Dieu de tout son corps, de toute son âme et tout son esprit. » A vrai dire, l’amour de Dieu ne peut aller valablement sans « aimer son prochain comme soi-même. » Un amour de Dieu qui ne débouche pas en un amour sincère des hommes n’atteint pas sa véritable dimension. Quelque chose du rapport au réel ne se vit pas dans l’homme si nous ne nous risquons pas dans une parole vraie. Un amour du frère qui se couperait de l’amour de Dieu ne tiendra pas la distance respectueuse pour que cet amour puisse croître pour lui. Suivre Jésus demande cette double et radicale ouverture à Dieu le Père et à nos frères en humanité. Il nous faudra toute une vie pour concilier ces deux amours. La réponse de Jésus est vraiment claire. Le premier commandement est celui de l’Amour : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Le second lui est semblable : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Nous devenons progressivement conscients du lien qui existe entre l’amour de Dieu et l’amour que nous nous portons à nous même, l’amour nous portons aux autres ! L’amour du prochain comme l’amour que nous avons pour nous-mêmes prend sa source dans l’amour que nous recevons de Dieu.

« Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. » Les nombreuses difficultés que nous éprouvons dans l’amour trouvent leur origine dans le regard négatif que nous portons sur nous-mêmes et que nous projetons inconsciemment sur les autres. Notre douleur de ne pas aimer et de ne être aimé provient souvent du regard négatif de notre entourage. Nous n’avons pas toujours été aimés avec un grand respect. Nous nous sommes alors construits dans une « vision » pessimiste de nous mêmes. L’amour que nous recevons de Dieu et de notre entourage va déterminer l’amour que nous portons à Dieu et au prochain. Jésus donne toujours un acte d’amitié et d’amour en vérité. La vérité de son être n’est pas une vérité qui condamne, mais une vérité qui ouvre le débat. Que Jésus nous aide à tenir fermement dans la vérité les situations de conflit dans lesquels nous nous trouvons. L’amour que Dieu nous donne manifeste nourrit et renforce les relations d’amour que nous nous portons les uns aux autres. Nous aimer dans l’amour que Dieu nous porte : « Là ou il n’y a pas d’amour, mettez de l’amour et vous récolterez de l’amour, » dit Jean de la Croix.

Père Gilbert Adam                        http://www.pere-gilbert-adam.org

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