Quand nous pensons à l’unité, nous le faisons un peu comme des coupables, parce que nous avons en mémoire les grandes déchirures de l’Église au cours de l’histoire, les guerres de religion, la concurrence dans les pays de mission, et, plus près de nous, les difficultés qui subsistent entre catholiques de sensibilités différentes. L’unité nous semble lointaine, difficile, improbable à court terme.
Quand Jésus, lui, nous parle de l’unité, elle redevient une espérance, une promesse, une certitude. Car l’unité vers laquelle nous sommes en marche existe déjà en Dieu. Jésus l’a souvent dit : « Je suis dans le Père, et le Père est en moi. Le Père et moi, nous sommes un ». Et le lien vivant de cette union du Père et du Fils, c’est le Saint-Esprit, depuis toujours et pour toujours .
Cette intimité, cette réciprocité d’amour du Père et du Fils, voilà ce que Jésus nous offre comme modèle pour notre unité fraternelle. Dans sa prière, quelques heures avant de mourir, il demande à son Père : « Que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi ». Mais l’unité de Jésus avec son Père est mieux encore qu’un modèle. C’est comme un espace où Dieu nous accueille pour y vivre notre unité de chrétiens : « Qu’ils soient un en nous », dit Jésus.
Quand nous cherchons l’unité, en paroisse, en groupe de mission, en communauté, en famille ou en couple, nous venons en quelque sorte habiter ensemble dans l’amour de Dieu ; nous réchauffons notre amour à l’amour même de Dieu. Mais, direz-vous, même pour nous qui avons la foi, Dieu n’est pas évident ! Il faut le vouloir pour le rejoindre ; il faut un effort pour tourner vers lui notre regard ; il faut à chaque fois un supplément de courage pour réentendre son invitation !
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