Les lectures de ce jour convergent vers ce sujet délicat de notre rapport aux biens matériels. Sujet délicat car il nous faut éviter tant l’angélisme qui ne respecte pas les nécessités humaines que le matérialisme qui ne respecte pas notre dimension spirituelle. Sujet délicat qui s’éclaire si l’on songe au but de notre vie humaine. On peut dire qu’il y a deux manières d’envisager notre existence : soit en considérant que tout se termine avec la vie terrestre, soit en considérant cette vie comme une étape vers la vie éternelle. Il y a là une alternative qui détermine notre manière de vivre sur terre. C’est pourquoi les textes de ce jour nous invitent à entrer dans cette cohérence entre ce que l’on croit et ce que l’on vit. Selon nos convictions philosophiques et spirituelles, nous sommes amenés à poser des choix différents, spécialement dans le rapport aux biens matériels. Car si tout finit avec la mort, alors on peut comprendre l’attitude de ceux qui veulent amasser des richesses, ou profiter au maximum des plaisirs sans autre souci que la satisfaction personnelle. Mais si la vie présente n’est que le commencement de la vie éternelle, si elle est une préparation à la rencontre ultime avec le Seigneur, alors c’est cet objectif qui doit orienter notre manière de vivre.
Dans l’évangile, le Christ nous rappelle que l’augmentation de nos biens matériels n’ajoutera rien à la durée de notre vie terrestre. Un jour, il nous faudra quitter cette vie telle que nous la connaissons pour la vie avec Dieu à laquelle nous sommes destinés. Notre vie éternelle est dès à présent commencée, il nous faut donc savoir tendre vers les réalités spirituelles qui seules passeront la mort. Notre vie est désormais cachée en Dieu, nous sommes ressuscités avec le Christ, recherchons donc les réalités d’en haut. Et dans la 1re épître aux corinthiens, St Paul est plus précis encore sur le point de savoir quelle est la réalité spirituelle qui passe la mort, à savoir l’amour. Et on comprend facilement pourquoi, car Dieu étant amour, seule en moi la capacité d’aimer et d’être aimé peut accueillir l’Amour même. Tout ce qui n’est pas amour en moi est étranger à Dieu, et donc ne peut subsister en sa présence. Il s’agit durant notre vie terrestre de travailler à augmenter notre capacité d’aimer qui nous fera franchir le cap de la mort. C’est pourquoi le critère de l’amour authentique est celui avec lequel nous pouvons juger notre manière d’utiliser les biens matériels.
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