Notons bien, « ceux qui ont cherché », non pas « ceux qui ont trouvé ». Joie pour les cœurs qui cherchent Dieu !

C’est la fête de la Toussaint, la fête de tous ces Bienheureux connus ou inconnus qui ont lavé leur robe dans le sang de l’Agneau, du peuple immense de ceux qui L’ont cherché. » Notons bien, « ceux qui ont cherché », non pas « ceux qui ont trouvé ». Joie pour les cœurs qui cherchent Dieu ! Si la joie est si grande de chercher Dieu, que sera celle de Le trouver et de L’étreindre !

La fête de la Toussaint nous donne l’occasion de goûter la joie de la sainteté des gens, même ordinaires, celle des « gens de la porte d’à côté ».

« Soyez dans la joie et l’allégresse » (Mt 5, 12), dit Jésus à ceux qui sont persécutés ou humiliés à cause de lui. Le Seigneur demande tout ; et ce qu’Il offre est la vraie vie, le bonheur pour lequel nous avons été créés. Il veut que nous soyons saints et Il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance… En effet, le Seigneur a élu chacun d’entre nous pour que nous soyons « saints et immaculés en sa présence, dans l’amour » (Ep 1, 4).

« Le salut est donné par notre Dieu et par l’Agneau. » Les saints ne disent pas : « Nous avons la gloire que nous méritons, après tout ce qu’on a fait pour Lui, Dieu nous devait bien cela. » Non ! Ils disent : « Le salut est donné ! » Il n’est pas une affaire d’effort ou de record, mais de réconfort.

Lire la suite
Publié dans Réflexion | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain… Luc (18, 9-14)

Dans un de ses sermons où il traite de l’humilité, Saint-Jean Chrysostome emploie une allégorie, s’adressant ainsi à son auditeur : »Pour que tu apprennes combien il est bon de ne pas avoir une haute idée de soi-même, représente-toi deux chars. Attelle à l’un la vertu et l’orgueil, à l’autre le péché et l’humilité. Tu verras l’attelage du péché devancer celui de la vertu, non certes par sa propre puissance, mais par la force de l’humilité qui l’accompagne, et tu verras l’autre dépassé non à cause de la faiblesse de la vertu, mais à cause du poids et de l’énormité de l’orgueil. En effet, de même que l’humilité, grâce à son immense force d’élévation, triomphe de la pesanteur du péché et est la première à monter au ciel, ainsi l’orgueil, à cause de son grand poids et de son énormité, parvient à l’emporter sur l’agilité de la vertu et à l’entraîner facilement vers le bas. » Cette allégorie des deux attelages illustre parfaitement la parabole que nous venons d’entendre dans l’évangile de Luc. Sa conclusion : » qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé » est reprise par saint Benoît comme introduction du chapitre de la Règle sur l’humilité.

Mais revenons à l’introduction de l’évangile de ce jour. » Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d’être juste et qu’ils méprisaient les autres ». Nous pensons facilement aux pharisiens auquel Jésus précédemment adresser de vifs reproches. Mais ici, tout en les visant, il ne les nomme pas. Ils ne sont donc pas les seuls concernés. Il peut s’agir aussi de croyants de la communauté chrétienne à laquelle nous appartenons. Pénétrés de l’enseignement de Jésus, nous aimerions nous reconnaître dans l’attitude du publicain, nous présentant avec humilité devant Dieu. Et nous essayons sincèrement de le faire. Mais nous éprouvons aussi un sentiment d’autosatisfaction, en minimisant nos torts et cherchant à nous justifier nous-mêmes au lieu d’attendre le salut de Dieu. Et plus encore, nous tombons aussi dans la comparaison, nous estimant meilleurs que les autres et jugeant ce qui nous semble en contradiction avec les principes de la morale et de la religion, sans voir toujours nos propres écarts.

Lire la suite
Publié dans Réflexion | Tagué , | Laisser un commentaire

Lc 18,1-8 Toujours prier sans se décourager

Les chemins se poursuivent : celui de Jésus vers Jérusalem, celui des disciples à sa suite, eux aussi vont vers Jérusalem… Mais il y a aussi le chemin intérieur qui s’offre aussi bien aux contemporains de Jésus qu’à nous aussi, lecteurs de l’Evangile… Ce dernier chemin, ce chemin intérieur, est un chemin singulier, que chacun de nous devons parcourir par nous-mêmes, que nous devons inventer. Il est même, peut-être, ce qui nous caractérise, singularise le plus, nous rend vraiment uniques. Nous sommes forcément à la peine pour l’inventer… Aujourd’hui, Jésus vient nous aider. « Jésus disait une parabole pour montrer à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager ».

Ce chemin nous ne pouvons, en effet, le trouver, le découvrir, l’emprunter qu’à travers la rencontre, l’échange, l’ouverture radicale de notre être. Ce que nous avons de plus précieux, de plus profond en nous, nous ne nous pouvons y accéder que dans la remise de nous-mêmes à un autre, que par la prière, la demande… Jésus vient nous aider à prendre appui sur la foi que nous pouvons avoir en la bonté humaine, en notre propre bonté, malgré toutes nos étroitesses. Le juge inique fait tout de même justice à la veuve, tout comme la société minière, âpre au gain, va tout de même dépenser joyeusement des sommes importantes pour sauver ses ouvriers (certes pour l’un : éviter l’embarras, pour l’autre : éviter la mauvaise image médiatique…). Il n’en demeure pas moins que la bonté s’effectue : la veuve reçoit justice.

Il y a, en nous, en chacun de nous, ce ressort d’une bonté plus profonde qui nous travaille, bonté qui nous appelle et nous donne de nous ouvrir, nous fait signe… laissons retentir en nous ces signes de bonté, de réponse faite aux demandes, pour pouvoir, nous-mêmes, dans le secret de nos cœurs, nous ouvrir à Celui qui est à notre recherche, à notre attente, pour pouvoir lui formuler nos propres demandes… Il n’y a plus de chemin, plus de raison, que la simple offrande silencieuse d’un cœur qui se risque, qui s’adresse à son Créateur dans le secret. Prions…

Marcheur, ce sont tes traces

ce chemin, et rien de plus ;

marcheur, il n’y a pas de chemin,

le chemin se construit en marchant.

En marchant se construit le chemin,

et en regardant en arrière

on voit la sente que jamais

on ne foulera à nouveau.

Marcheur, il n’y a pas de chemin,

seulement des sillages sur la mer.  

Antonio Machado 

Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite, extrait du site https://jardinierdedieu.fr/

Publié dans Réflexion | Tagué , | Laisser un commentaire

Lc 17, 11-19 : Le vrai fruit naît seulement de la rencontre…

Nous pouvons être surpris par la dernière parole de Jésus « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. ». Qu’apporte-t-elle de nouveau ? le samaritain n’est-il pas comme les neuf autres déjà guéri, le résultat n’a-t-il pas été acquis ? N’y a -t-il pas une partie du réel qui nous échappe en considérant les choses ainsi ? Nous avons ainsi une demande formulée à distance ‘Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »’, puis un résultat acquis en absence ‘En cours de route, ils furent purifiés’, et enfin une certification rendue par d’autres : ’les prêtres’… Tout est en ordre, la prestation a été effectuée et la vie quotidienne peut se poursuivre sur sa lancée, rien ne s‘est passé, l’incident a été gommé… image de notre monde moderne qui perd la vraie nouveauté, rêvant de revenir à un fonctionnement sans anicroche… dans un éternel présent.

Mais la vraie vie n’est pas ainsi, non… la vraie vie nait de la rencontre entre l’un et l’autre… dans la distance juste, d’homme à homme, à proximité, dans la reconnaissance. « Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce ». Alors, de là, une vraie parole peut naître : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. » L’acte ne se dissout pas dans le fonctionnement, il crée l’histoire où chacun peut aller fort de la rencontre vécue, la relation fait grandir la vie qui relie, le devenir de l’humanité est en route, l’approfondissement remet en cause les différences ; juifs, samaritains, palestiniens…, la sortie de son moi… Le vrai fruit naît seulement de la rencontre… Allons !

Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite, extrait du site https://jardinierdedieu.fr/

Publié dans Réflexion | Tagué , , | Laisser un commentaire

Lc 17,5-10 nous sommes des serviteurs quelconques

Le chemin vers Jérusalem continue, la conversion des disciples est à l’œuvre. Les diverses sollicitations, changements de contexte intérieur pour ceux qui suivent Jésus opérés par le biais des paraboles, amènent les apôtres à demander, aujourd’hui, à Jésus d’augmenter en eux la foi. « Augmente en nous la foi ! » Ils sentent que la sollicitation qui leur est faite ne peut aboutir que par une augmentation de foi, de confiance pour répondre, être, au niveau où se situe la demande… Ils ne voient pas non plus comment pouvoir le faire sans Lui… Ils s’adressent à Lui… 

Jésus leur répond : «La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous obéirait.» Comment entendre cette réponse ? Au sens strict, et nous rentrons alors dans un impossible, avec le sentiment d’une incapacité notoire en nous : je n’ai pas cette capacité à transporter les arbres… Ou bien nous l’entendons comme une image concernant ce qui se joue dans le cœur de chacun, dans la liberté de chacun… Il est peut-être, dans ce cas, judicieux de se souvenir que la mer est, pour les juifs, la zone du mal, que l’arbre est le symbole du juste comme nous le rappelle le Psaume 1 « le juste est comme un arbre planté au bord du ruisseau »… L’image dirait donc que le bien, le juste, peut se loger par la foi là où le mal règne et s’y tenir vivant… en triompher. Jésus continue ainsi à faire foi en la foi de ses apôtres. Il est celui qui ne cesse de dire (et de rendre possible aussi) « Ta foi t’a sauvé ». Le dialogue exigeant entre Jésus et ses apôtres ainsi se poursuit. Jésus veut la foi en ses disciples, leur foi… Il va les en rendre capable, nous en rendre capable… Le chemin continue.  Jésus le rouvre pour que les apôtres deviennent…

Mais Jésus ouvre dans le même mouvement, un nouveau registre, celui de l’humilité : « Lequel d’entre vous…». La morale de cette histoire est celle-ci: ‘quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : ‘Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n’avons fait que notre devoir. ‘ Comment chacun de nous se situe-t-il devant la réussite, l’obtention de ce qu’il a demandé ?… Le chemin continue… Allons…

Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite, extrait du site https://jardinierdedieu.fr

Publié dans Réflexion | Tagué | Laisser un commentaire