Dans l’Évangile de Matthieu les deux premiers chapitres, appelés souvent évangile de l’Enfance, tranchent un peu sur le reste. Ils constituent une sorte de prologue, écrit à la manière juive, et mêlant avec souplesse les événements et leur interprétation théologique.
Notre intelligence occidentale, éprise de rigueur et de clarté, achoppe sur ce genre de récits. D’instinct nous allons du détail à l’ensemble, et nous sommes prompts, c’est compréhensible, à récuser l’ensemble quand un détail nous arrête. Or c’est la démarche inverse qui nous est demandée ici : il nous faut partir de la signification religieuse du récit, pour apprécier les détails en fonction de la visée globale.
Le texte d’aujourd’hui, consacré à la visite des Mages, se continue dans l’Évangile de saint Matthieu par trois autres épisodes : la fuite en Égypte, le massacre des enfants innocents et l’installation à Nazareth.
Hormis Jésus, le personnage central qui revient dans les quatre tableaux, c’est Hérode, Hérode le bâtisseur, Hérode le cruel, jaloux de son pouvoir. Et le fil rouge qui relie les quatre scènes, c’est le conflit entre les deux rois, le vieux despote et Jésus-Messie, « le roi des Juifs qui vient de naître »(Mt2,2). Mais ce roi Hérode, bien connu des historiens, est pour l’évangéliste Matthieu le symbole du refus d’accueillir le Christ et son message, et ainsi, c’est tout le destin du Christ qui nous est présenté en raccourci dès le prologue de Matthieu : accueilli par les hommes de bonne volonté, Jésus sera rejeté par les responsables de son peuple.
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