Mt 23, 1-12 Pour agir en toute justice, le Christ nous appelle à nous situer et à nous nommer justement entre nous …
Nous sommes toujours à Jérusalem, dans cette atmosphère lourde de conflits entre Jésus et les scribes, les Pharisiens. Jésus sait qu’il va à sa Passion, que ses disciples seront bientôt seuls, qu’un style de vie doit se constituer entre eux pour qu’ils puissent, durablement et intelligemment, être fidèles à la nouveauté que lui, Jésus, instaure et qu’ils auront, eux, les disciples, à transmettre. S’ouvrir au Royaume des Cieux doit ainsi aller jusque là : inventer un nouvel art de vivre, de nouveaux rapports entre les croyants, d’une autre nature que les rapports qu’ils connaissent dans les pratiques de la religion juive de leur époque. Jésus, en prenant distance d’avec les coutumes pharisiennes ainsi qu’avec celles des scribes, dresse le champ relationnel nouveau, champ à l’influence duquel nous avons à nous disposer si nous voulons entrer dans la nouveauté du Christ, ce champ qui animera l’Eglise et lui donnera de toujours retrouver sa fidélité.
C’est donc, en fait, un antagonisme global qui se déploie entre deux manières de vivre, de parler, d’échanger, d’agir… l’une tournée vers le paraître, l’autre vers l’être… La première nie l’être d’où il surgit en se substituant à lui, la chaire de Moïse est occupée, fermée. L’une met en avant la publication, le fait que l’action soit vue, l’autre se base sur le secret, l’intériorité en récusant le fait même de se faire appeler et reconnaître comme maître. Dans l’une, un système d’obligations pesantes est promu, dans l’autre chacun est en lien direct et personnel avec le Mystère de Dieu. Dans l’une, tout est hiérarchique, dans l’autre chacun est appelé à être frère de son prochain, chacun étant conduit par le seul et unique maître, le Christ…
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