40 jours après la naissance de Jésus, Marie et Joseph porte l’enfant au temple afin de le présenter au Seigneur. Si Luc ne donne pas de chiffres, il renvoie à la loi de Moïse qui, dans l’Exode, prévoyait le rachat du premier-né et, dans le Lévitique, demandait que la mère d’un garçon accomplisse un rite de purification 40 jours après sa naissance. L’offrande prévue est un agneau d’un an, mais si la femme n’en a pas les moyens, elle offrira seulement deux tourterelles ou deux petites colombes. Ainsi Marie et Joseph se soumettre à la loi, humblement, pauvres parmi les pauvres. Ils appartiennent aux humbles d’Israël, au nombre des fidèles qui cherchent Dieu et qui le servent.
Mais leur piété va au-delà du rite. Ils accomplissent même ce qui n’est pas prescrit : il présente le nouveau-né en personne. C’est donc Jésus lui-même qui est offert dans le temple, le lieu Saint et solennel par excellence. Un prédicateur du 17e siècle, Louis de Grenade, exprime magnifiquement cet accomplissement : « La Vierge sacrée vient aujourd’hui dans le temple pour y offrir son fils unique et premier-né, avec l’offrande que la loi ordonnait pour les pauvres… la sainte Vierge entre donc dans ce temple matériel pour y offrir le temple vivant et spirituel qu’elle portait entre ses bras. Ô admirable nouveauté ! Le temple est offert dans le temple. Dieu s’offre soi-même à Dieu, celui qui ne se retira jamais de Dieu se présente devant sa face. »
Jésus est donc au centre de cet événement. C’est lui-même qui est offert et cette offrande a une double signification. Elle accomplit d’abord les oracles des prophètes d’Israël, particulièrement ceux du serviteur de Dieu qui offre sa vie “en victime d’expiation” pour racheter son peuple, et, ensuite, elle annonce le sacrifice de Jésus sur la croix. La présentation de Jésus au temple devient offrande sacrificielle, comme le souligne la prophétie de Siméon qui fait suite à son cantique.
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