La perspective de Jean est celle des prophètes de l’Ancien Testament.
A la fin des temps, selon le Livre de la Sagesse (5,23) : “Le souffle de la Toute Puissance s’élèvera contre [les pécheurs] et les vannera comme un ouragan.”
Jean Baptiste emploie le même langage : “Moi je vous baptise dans l’eau … lui, vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu.”
Baptiser, c’est plonger. Il faut donc comprendre : “lui vous plongera dans l’Esprit (ou le Souffle) de Dieu et dans le feu.” … “Moi je vous plonge dans l’eau … lui, vous plongera dans un ouragan.”
Jean Baptiste ne parle pas du Sacrement du Baptême : il annonce l’imminence du jugement de Dieu, qui était attendu pour la fin des temps, et il désigne Jésus comme celui qui vient accomplir ce jugement de Dieu ! Le Baptême ou l’immersion dont il parle, c’est une immersion “dans le souffle de Dieu et le feu”. Il oppose son propre baptême d’eau : immersion qui était une invitation au repentir, à cette immersion dans le souffle de Dieu qui est une purification bien plus radicale : une purification qui aura le pouvoir
de détruire le péché.
Jésus est celui qui vient accomplir l’attente de l’Ancien Testament : attente d’un jugement de Dieu qui met fin au péché. Jésus lui-même doit accomplir ce “jugement” : lui-même tient dans sa main la “pelle à vanner” !
“Lui, vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu.” (Lc 3,16)
(Mc 13, 33-37) Veiller est un acte incessant de foi, un discernement continuel, pour reconnaître, dans les événements, dans les situations de tous ordres, un appel, un signe du Christ.
Homélie de Vigile
« Veillez », nous dit Jésus, pour être prêts quand viendra le Fils de l’homme ! Ne nous méprenons pas sur cette veille. On la comprendrait de travers, en la considérant comme l’attente, pour demain, du retour du Christ et en se contentant, aujourd’hui, d’éviter les écarts, d’appliquer les lois, de faire juste ce qu’il faut pour être en règle face au jugement de Dieu.
En réalité, aujourd’hui est l’heure de la venue du Christ, et veiller, c’est le reconnaître présent dans l’autre qui nous aborde, que nous croisons, qui nous gêne parfois ou nous agace. Passer à côté des autres, sans les regarder, sans voir en eux le Christ qui nous sollicite, ou les ignorer plus ou moins consciemment parce qu’ils nous dérangent, c’est oublier qui nous sommes, frères dans le Christ, et trahir notre mission de veilleurs.
Lire la suiteSe mettre simplement au service des petits, c’était donc être l’ami du Roi …
« Recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde ». Le secret des secrets, ce monde, mon monde, notre monde, est en gestation d’un Royaume, du Royaume. Maintenant, il se laisse voir vraiment, cet autre côté de la tapisserie, ce qui fait la vraie trame de nos vies, de Ta vie aussi, cette si longue patience où tu as tissé là où nous pourrions dire « oui » nous aussi… Un grand bonheur s’ouvre à nous, une longue vie ensemble, simplement, qui donne le poids à tout ce qui a été vécu auparavant, tout reçoit sa vraie valeur, tout est reconnu. C’était donc vrai… au-delà de tout ce que nous voulions faire, dire, construire, il y avait cette musique qui nous appelait… et elle a réalisé, comme malgré nous, des choses formidables…
« Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » Entrer en relation avec l’autre, comme cela sans attente, sans intérêt, simplement parce qu’il est là, qu’il est vivant comme moi. Dire bonjour à la vieille dame, sourire au SDF… Parler à la caissière, reconnaître la femme derrière la travailleuse. Donner et recevoir cette joie de vivre. Ecouter l’oiseau chanter sur la branche, respirer le bon air de l’automne… Ne pas caler aussi lorsque les choses deviennent plus difficiles pour l’autre, être là simplement, accepter de pâtir avec lui, ne pas savoir, être confiant malgré tout. Ecouter son cœur, limiter colère et haine. Donner une chance toujours à l’autre… Traverser la vie ainsi, ouvert, recevant ce qui s’offre, sans être enfermé dans de grands projets pour demain, non être là, tout simple, aujourd’hui… Vivre sa vie comme un don qui ne cesse de s’offrir… Te donner ce que nous pouvons pour qu’avec cela tu tisses ton Royaume pour tous…
« Quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ? » Voilà ce à quoi nous tendons… Mais nous sommes toujours dans le quotidien de nos vies, en novembre 2023. Soyons attentifs à ce que murmurent nos cœurs, les mouvements de générosité, de don, de partage en nous. C’est la vie du Seigneur qui nous appelle, qui nous sollicite pour que nous entrions dans plus grands que nous, plus grands que nos projets, plus grands que nos soucis… Entendons sa musique et déchiffrons son chant…
par père Jean-Luc Fabre, extrait du site https://jardinierdedieu.fr/
Cinq, quatre, trois, deux, un… Mt 25, 14-30
On la connaît si bien, et on la connaît trop, la parabole des talents. Suivant les jours, suivant les caractères et puis les circonstances, on peut s’indigner de l’injustice apparente du maître qui donne plus à l’un et presque rien à l’autre. On peut trembler de sa dureté qui va jusqu’à lui enlever même ce qu’il a. N’oublions pas ce que nous avons vu quand Jésus parle avec les pharisiens : Il emploie leur langage et leur ton, Il les traite comme eux-mêmes traitent les hommes et Dieu. On peut aussi en faire une leçon de morale, en manière d’examen de conscience : est-ce que je fais porter du fruit aux dons que l’on m’a faits ? On peut être tenté, suivant les circonstances, de s’inquiéter avec scrupule, de se rassurer à trop bon compte : ne suis-je pas comme le troisième ? Je me vois bien dans le second… – et on pousse ce que l’on croit humilité à ne jamais se comparer à qui a cinq talents.
Mais regardons moins les serviteurs, regardons aussi le maître, sa merveilleuse et sa lucide générosité. À chacun selon ses forces : autrement dit, chacun a les mains pleines. Pleines de ce qui jamais n’est mérité, car tout nous est donné : « qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » dira saint Paul*. Cette parabole nous parle d’abord du maître et de la joie qui est la sienne, joie dans laquelle il veut nous faire entrer, comme l’autre jour dedans la salle des noces. Quels qu’ils soient et quel que soit leur nombre, nos talents ne sont pas une fin en soi, nos talents ce sont les moyens à nous gratuitement donnés pour faire la joie de Dieu et y entrer.
frère Grégoire Laurent-Huyghes-Beaufont, extrait du site https://matthieu.retraitedanslaville.org/
Attendre, veiller, aimer,…
En ce 32e dimanche de l’année liturgique, je crois qu’il faut lire le psaume de la soif suivi de l’évangile. Pour moi, l’un ne va pas sans l’autre. Oui, au psaume nous disons : « Mon âme a soif de toi, Seigneur mon Dieu. »
Cette phrase toute simple et remplie du désir de rencontrer Dieu, l’Époux, nous prépare à la dernière phrase de l’évangile : « Veillez, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »
Attendre, veiller, aimer, tout cela se fait dans l’absence. Être prêts pour accueillir l’Époux qui nous introduit aux noces … comme c’est beau et plein d’espérance. Jésus nous dit quoi faire pour accéder à la fête des noces éternelles : rester éveillé, avoir assez d’huile pour garder la lampe allumée. L’huile, c’est l’attitude de la prière qui nourrit le vrai désir. La bonne huile qui alimente notre lampe, c’est notre cœur attentif.
Jésus n’a pas voulu nous inquiéter, il nous invite à nous transporter déjà au terme du voyage. Alors, la dernière parole ne doit pas nous faire peur : « Veillez car vous ne savez ni le jour ni l’heure. » Remarquons bien que Jésus fait l’invitation aux dix jeunes filles, c’est la même invitation pour les cinq prévoyantes et les cinq insouciantes. Tout le monde est invité. À nous de faire notre part, car nous savons bien qu’une lampe sans huile ne peut éclairer.
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