Homélie du 3ème dimanche de carême
Jésus chasse tout le monde du Temple avec un fouet en disant: “Ne faites pas de la Maison de mon Père une maison de trafic”. Quel scandale ! diraient certains et à d’autres de dire: « Ah! comme la bonté du Christ est loin de cette bonté, de cette charité doucereuse que l’on nous prêche aujourd’hui ! » Non ! Chers frères et sœurs, la colère n’est pas toujours un péché. Il y a de bonnes, de saintes colères ! Quand elles sont motivées par l’indignation devant des choses inadmissibles !
En une autre circonstance, Saint Marc détectera, dans le cœur du Christ, un sentiment de colère : c’est à l’occasion de la guérison de l’homme à la main desséchée, alors que ses ennemis l’épient pour voir s’il guérira cet homme bien que ce soit un jour de sabbat ! Jésus fait exprès de bien le camper devant tout le monde, puis il pose la question : « Est-il permis un jour de sabbat de faire du bien plutôt que du mal ?» Et comme eux se taisaient, Jésus, dit Saint Marc, promena sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leur cœur et il guérit le malheureux (Mc. 3, 4-5).
Quels sont donc les motifs qui suscitaient dans le cœur du Seigneur ce sentiment de colère ?
Dans cette scène des vendeurs chassés du temple, la colère du Christ provient, il le dit lui-même, d’un triple motif :
- D’un manque de respect envers son Père dont on profane la maison.
- De ce commerce, sans doute plus ou moins honnête, installé dans le Temple de
Dieu. - Enfin d’un mépris de la part des juifs pour les gentils, les païens, même lorsque
ceux-ci voulaient prier le vrai Dieu.

