Si le grain de blé tombé en terre meurt, il porte beaucoup de fruit

Une homélie de fr. Bernard poupart

Des grecs veulent voir Jésus. Ils s’adressent aux deux disciples qui portent des noms grecs, Philippe et André. Au tout début de l’évangile de Jean, ces deux-là étaient dans le groupe des disciples du Baptiste et Jésus leur avait dit : « venez voir ». C’était sa seconde parole. Les premiers qui ont vu introduisent maintenant ceux qui veulent voir. Nous sommes juste avant la fin, au moment  de la Pâque décisive, et devant ces grecs qui veulent le voir, Jésus voit déjà le fruit de sa mort, comme il voyait le blé en herbe déjà doré pour la moisson au premier séjour chez les samaritains : il voit du grain qui lève et qui porte du fruit alors qu’il sait que sa perte est proche. L’évangile va passer aux grecs, c’est à dire au monde. Il sera écrit en grec.

Mais c’est le fruit de sa mort. C’est justement ici que Jean évoque l’agonie : « Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cette heure que je suis venu ! » C’est sur la croix, élevé de terre, qu’il attirera tous les hommes à lui. Tout l’évangile de Jean est là, et singulièrement son récit de la Passion : le fruit de la mort, le gloire de la Croix, la vie donnée pour la vie du monde.

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INVITATION A la SOLIDARI’TERRE

Bonjour à toutes et tous …

Une nouvelle appellation pour la Solidari’fête que beaucoup d’entre nous avons vécue durant plusieurs années. Celle de 2020 était « sur le feu », mais 2 jours avant, le confinement a tout bloqué !

Quatre ans plus tard, le feu s’est rallumé et « Entraide et Fraternité » nous en propose une nouvelle édition !

Le thème de la campagne de carême 2024 nous plonge dans : L’extraction minière de métaux rares et son impact sur l’agriculture paysanne dans le Sud Kivu (RDC) 

Mais nous découvrirons aussi trois combats citoyens dans notre région !

Enfants bienvenus, des animations sont prévues pour eux.

Participation libre aux frais …

Alors, à dimanche ?

Nous vous attendons très nombreux(ses) … relayez l’invitation encore et encore …

Christophe Cornet, permanent régional : liege@entraide.be

Pour l’UP de Herve : Bernadette Hochstenbach – 0498 73 40 84 – ber.hochstenbach@gmail.com

Pour Verviers : Jean-René THONARD – 0476 60 89 90 – thonard-crickboom@skynet.be

Für Eupen : Heike SONNEN – 0486 79 13 22 – heikesoleil@gmail.com

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Car Jésus croit qu’en le regardant élevé sur la Croix, nous y verrons aussi notre remède (Jn 3, 14-21)

Homélie du 4ème dimanche de carême

Notre vie chrétienne est tissée d’ombres et de lumières. Dans l’épreuve, si nous ne réagissons pas ouvertement en nous demandant « qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu ? » nous interprétons spontanément nos épreuves comme des signes d’éloignement du Seigneur, qui provoquent sa colère, et nos prospérités comme des manifestations en retour de sa miséricorde. Cette relecture légitime de notre vie, conforme à une ébauche de la foi encore formelle ­- présente dans les sages réflexions des chroniques – ne fait pas l’unité de notre vie dans le désir de communion avec Dieu.

Nous venons ce matin avec Nicodème ­- ce savant et pieux juif ­- vers Jésus pour le suivre et communier à sa Vie. Nous pressentons que la grâce d’être chrétiens est une nouvelle naissance, une con-naissance de ce qu’est la vie éternelle d’union avec le Christ : juger en vérité, aimer, se donner pour passer avec Jésus des ténèbres de la mort à la lumière de la résurrection.

A Nicodème, qui l’interroge sur la nouvelle naissance, Jésus exprime l’accomplissement de sa vie et de sa mission, ainsi que la nôtre, à travers l’image de l’élévation. Cette image de l’élévation accompagne à travers toute la Bible la rencontre de Dieu, et libère ceux qui communient avec lui.

Cette élévation est celle de la vision d’ Isaïe , ce prophète brûlant de la Parole de Dieu: «  Je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé et les séraphins se prosternaient en chantant : »Saint, Saint, Saint le Seigneur, Dieu de l’univers » ; vision d’élévation à laquelle nous nous associons dans la foi en chantant le ‘triple sanctus’ au début de la prière eucharistique de la messe.

Au milieu de nos épreuves, voilà que brille déjà la lumière de Pâques, C’est la mi-carême, le dimanche où, dès le chant d’entrée, la liturgie nous invite à la joie « Réjouis-toi Jérusalem – vision de paix – tu vas être comblée de bonheur ». Les ornements violets de la pénitence font aujourd’hui place à la couleur rosée des premières lueurs pascales.

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Un regard de confiance vers la croix

Aujourd’hui, saint Jean nous invite à «regarder» la croix. Il nous faut oser contempler le Crucifié et l’adorer. Ce regard vers le Christ Sauveur est un regard de foi, un regard de confiance et d’amour. En nous tournant vers le Christ, nous accueillons la guérison et la vie.

La croix est le fruit du mal et de la haine de ceux qui ont rejeté Jésus. Mais Jésus a préféré livrer sa vie plutôt que de détruire ceux qui le rejetaient. Ainsi, en renonçant à faire violence et en choisissant de livrer sa vie, l’esprit de bonté et de compassion qui habite Jésus, est devenu le chemin par où Dieu nous transmet sa miséricorde. Sur la croix, Jésus est l’image la plus parfaite de Dieu et de son amour. Ce Dieu-Père de Jésus, qui se révèle sur la croix, est le Dieu qui n’est qu’amour. C’est un Dieu fragile, vulnérable et désarmé. C’est un Dieu qui ne peut s’imposer, car on ne peut imposer  ou «acheter» l’amour. C’est au contraire un Dieu qui s’est exposé au refus de l’être humain. Un Dieu qui attend éternellement notre consentement sans jamais se lasser. Un Dieu veut nous sauver de notre propre destruction qui est de ne pas aimer.

Le serpent cloué sur le bois est signe de la victoire de Dieu sur le mal, signe de son amour qui n’a de cesse de vouloir guérir et sauver tout être humain. La mort de Jésus est un don d’amour, et c’est pourquoi elle est source de pardon. Seul celui qui aime peut recevoir la force de pardonner. Le cœur de Jésus n’a jamais connu le mal et il s’est gardé dans l’amour jusqu’à la mort: c’est pourquoi sa mort peut devenir un don de vie pour les autres.

Au contraire, celui qui n’a de relation avec Dieu qu’à travers les lois, les obligations et les interdits, celui qui vit sa relation avec Dieu comme avec un dangereux concurrent, celui-là ne peut venir à la lumière que lui propose Jésus, pour qui cette vision d’un Juge – qui ne peut être Père – est le péché le plus grave. Le Malin ne combat pas toujours Dieu ouvertement: sournoisement, il trace de Dieu le portrait d’un Créateur dont il faut avoir peur et dont on ne peut se laisser simplement aimer (Genèse 2).

Dieu : non pas une limite, non pas une menace, non pas un interdit, non pas une vengeance, mais l’Amour agenouillé qui attend éternellement le consentement de notre réponse libre et aimante. Le Bien est Quelqu’un, le Bien est une Personne, le Bien est une Vie… Toute la sainteté est là: laisser vivre cet Autre en nous, qui est confié à notre amour. En Jésus, il n’y a plus de morale, il y a une mystique. Le bien, c’est nous en état de «oui» ouvert et confiant; le mal, c’est nous en état de «non» replié et anxieux.

http://www.kerit.be, extrait du site https://www.cathobel.be/

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« Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai »

Homélie du 3ème dimanche de carême

Jésus chasse tout le monde du Temple avec un fouet en disant: “Ne faites pas de la Maison de mon Père une maison de trafic”.    Quel scandale  ! diraient certains et à d’autres de dire: «  Ah! comme la bonté du Christ est loin de cette bonté, de cette charité doucereuse  que l’on nous prêche aujourd’hui  !  » Non ! Chers frères et sœurs, la colère n’est pas toujours un péché. Il y a de bonnes, de saintes colères ! Quand elles sont motivées par l’indignation devant des choses inadmissibles !

En une autre circonstance, Saint Marc détectera, dans le cœur du Christ, un sentiment de colère : c’est à l’occasion de la guérison de l’homme à la main desséchée, alors que ses ennemis l’épient pour voir s’il guérira cet homme bien que ce soit un jour de sabbat  ! Jésus fait exprès de bien le camper devant tout le monde, puis il pose la question  : « Est-il permis un jour de sabbat de faire du bien plutôt que du mal  ?» Et comme eux se taisaient, Jésus, dit Saint Marc, promena sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leur cœur et il guérit le malheureux (Mc. 3, 4-5).

Quels sont donc les motifs qui suscitaient dans le cœur du Seigneur ce sentiment de colère ?

Dans cette scène des vendeurs chassés du temple, la colère du Christ provient, il le dit lui-même, d’un triple motif  :

  •  D’un manque de respect envers son Père dont on profane la maison.
  •  De ce commerce, sans doute plus ou moins honnête, installé dans le Temple de
    Dieu.
  •  Enfin d’un mépris de la part des juifs pour les gentils, les païens, même lorsque
    ceux-ci voulaient prier le vrai Dieu.
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