Jésus est sur son chemin de vie et de là il entraine ses frères humains vers le Royaume. Il doit maintenant à ce moment de son parcours faire face au risque que rencontre toute réussite : celui d’être imitée, mal imitée par d’autres. C’est en effet une imitation extérieure, une copie frelatée, qui ne prend pas en compte notamment la réalité vraie de la situation. Aussi, ici, Jésus morigène ses interlocuteurs en les traitant d’hypocrites. Découvrons la promesse de vie qui demeure sous les critiques et mises en garde de Jésus.
« Mais une fois bien formé ». Chacun de nous est habité par un désir de perfection de bien faire les choses, et par le succès se donner la sensation d’être « plus ». Cela nous conduit souvent à vouloir reprendre l’autre pour l’aider à s’améliorer lui aussi. Mais, sous ce mode altruiste, se cachent en fait bien souvent une volonté de puissance, une jalousie envers l’autre, une étroitesse de considération de la situation, ainsi que des jugements hâtifs et cinglants. Cela n’est pas le bon chemin, celui de la vie qui se donne. Jésus est très clair sur ce point. Oui il y a la possibilité de progresser pour l’autre, pour quiconque, mais la vraie approche pour aider l’autre demande de commencer d’abord par s’aider soi-même, de progresser sur son propre chemin. Ce progrès pour l’autre passe donc en premier lieu par ma propre transformation intérieure. De cette expérience primitive et transformante, vécue, la personne voulant aider pourra en effet adresser à l’autre une parole ajustée, l’aidant vraiment à progresser. Elle pourra davantage le rejoindre là où il est et lui proposer une démarche qui le mettra lui-même en chemin sur sa propre route. Elle sera alors envers lui comme l’aura été jadis son propre maître : bon et vraiment aidant, plein de bienveillance et de patience.
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