La rencontre de l’autre – 27e dimanche ordinaire, B

Nous sommes toujours dans la même situation d’une communication difficile entre Jésus et ses disciples… Ne nous leurrons pas. Cela se manifeste, aujourd’hui, dans le cadre d’une controverse avec les pharisiens, elle se poursuit avec les disciples « à la maison » où il leur redit la même chose qu’aux pharisiens, ce qui indique qu’ils avaient bien la même position butée que les pharisiens… cela reviendra avec la colère de Jésus envers les disciples à l’occasion de la présentation d’enfants et de leur barrage… Oui il y a quelque chose qui n’est pas fluide entre Lui et eux… pourtant Jésus avance, dit ce qui compte pour lui, donne le sens… D’une certaine manière, mesurer la situation relationnelle entre lui et ses disciples peut nous aider à encore mieux percevoir ce qui compte pour Jésus, mieux comprendre ce qui a du prix pour lui, mieux le comprendre, le connaître… Nous le savons bien c’est de là que naissent les vrais attachements. Lorsque l’autre se dit en vérité dans la difficulté… nous pouvons sentir ce qui compte pour lui.

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« De quoi discutiez vous en chemin ? » Marc 9, 30-37

Jésus fait route à travers la Galilée. Il peut se faire le plus discret possible, car il a entrepris d’instruire plus personnellement ses disciples proches des projets de Dieu sur lui. Et après cette deuxième annonce de la passion, ses disciples craignent de l’interroger, comme si cette révélation de la passion prochaine était pour eux un secret impossible à porter, comme si les souffrances à venir projetaient déjà leur ombre, l’ombre de l’échec, sur leur vie quotidienne avec Jésus.

Mais une fois arrivés à la maison de Capharnaüm, Jésus, lui, ne va pas craindre de leur demander : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » ; qu’est-ce qui occupait votre esprit ? Quel est le souci que vous portiez ensemble ? Et les disciples se taisent, gênés, car, ensemble, ils avaient tourné le dos à la passion du Maître. Comme pour oublier le chemin des souffrances, ils avaient fait des projets de grandeur, et avaient commencé à se comparer entre eux.

Jésus répond d’abord en rectifiant l’image qu’ils se font d’eux-mêmes : la vraie grandeur, selon l’Évangile, est de se faire le dernier de tous. Non pas d’être au-dessous de tout, mais de se placer au-dessous de tous ; non pas pour se faire remarquer par une humilité trop voyante, mais simplement en se mettant en position de servir tous ses frères. Alors, lorsque dans la famille ou la communauté, Jésus nous met ou nous laisse à la place du service, du dévouement, de la gratuité, à la dernière place, nous ne disons plus : « On me prend ma vie », mais : « C’est bien ainsi ; c’est la place qui me revient ».

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« Tu es le Christ… Il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup » Marc (8, 27-35)

Dans l’évangile que nous venons d’entendre, une voix intérieure, très humble, qui n’impose rien, à la différence des « grands » de ce monde, pose deux questions:  « Pour les gens, qui suis-je ? » « Et vous, que dites-vous, pour vous qui suis-je »?

Certains des grands de ce monde ne se posent pas de question, ils imposent leur identité. Ils se donnent à eux-mêmes (ou on leur donne) des titres : Empereur, Roi, Pape, Cardinal, Président… Certains aiment se faire appeler: Sa Majesté, Sa Béatitude, Son excellence ou même Sa Sainteté.

Depuis 2000 ans, la question est posée. De nombreuses et variées réponses ont été données. Mais ces réponses, même les meilleures, restent toujours incomplètes. Le mystère de Jésus nous dépasse totalement.
“Et vous, que dites-vous ? – Pour vous, pour toi, qui suis-je ?”
Voici la question importante ! Jésus continue de nous l’adresser à chacun. Et il convient de la laisser résonner longuement dans notre intelligence et dans notre coeur.

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Mc 7, 31-37 Guérir la relation : « effata », ouvre-toi …

C’est peut-être un effet de la cananéenne, Jésus ne s’arrête pas à la Galilée des enfants mais va jusqu’à un pays de petits chiens, la Décapole ! Et des chiens lui amènent un malentendant mal-parlant. Les mêmes ensuite n’arrêtent pas de proclamer que Jésus fait entendre les sourds et parler les muets, alors que Jésus leur ordonne de n’en rien dire. En fait ce n’est pas l’évangile qu’ils proclament. L’infirme révèle une autre infirmité, celle de la relation de l’entourage à lui. Ainsi Jésus le prend à l’écart, loin. L’homme peut avoir du mal à entendre et à parler du fait d’une écoute et d’une parole malades de son entourage. L’infirme va être guéri. Pas la relation des siens à lui. Jésus, à l’écart, réinstaure une relation, ses doigts dans les oreilles, sa salive sur la langue. Il faut oser !
Mais les gens, plus tard, n’ont pas entendu. Car ils n’entendent que leurs émotions. Ils n’ont pas levé les yeux vers le ciel ! Leur relation reste malade. En levant les yeux au ciel, Jésus ouvre la relation avec l’entourage à celle du Père avec son fils bien-aimé. Alors vient le soupir de l’Esprit : effata, ouvre-toi. Ce soupir ne suffira pas pour guérir la foule, nos relations entre nous. Un dernier soupir viendra, sur la Croix. Ses doigts se figeront, sa salive tarira. L’Esprit remis au Père ouvrira le ciel à la terre. Un centurion lèvera les yeux et confessera : vraiment cet homme était fils de Dieu. Tant que je reste à l’émotion, au bavardage, aux cancans et étiquettes, la relation reste malade. Seigneur Jésus, que j’accueille dans le silence, tes yeux levés au ciel et ton soupir.

Père Olivier de Framond, extrait du site https://jardinierdedieu.fr/

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« Il fait entendre les sourds et parler les muets »

La liturgie du baptême comporte plusieurs étapes qui se succèdent dans la même célébration lorsqu’il s’agit des petits-enfants a des jours différents lorsqu’il s’agit de catéchumènes. Le dernier rite avant celui de l’eau est appelé « Effatah », d’un mot araméen qui signifie  » Ouvre-toi ! ». Le ministre du sacrement touche les oreilles et la bouche du futur baptisé en prononçant ces paroles : « Effatah – c’est-à-dire « Ouvre-toi ! ». Le Seigneur a fait entendre les sourds et parler les muets, qu’il te donne d’écouter ça paroles et de proclamer la foi pour la louange et la gloire de Dieu le Père. »

Ces paroles nous rappellent le récit évangélique que saint Marc viens de relater, mais, dans le miracle accompli par Jésus, nous devinons, au-delà des simples faits, sa portée ecclésiale et sacramentelle.

Jésus suis un itinéraire compliqué. Il vient de guérir la fille d’une syro-phénicienne dans la région de Tyr et de Sidon, puis, contournant la mer de Galilée, ils se rend à l’Est, dans la Décapole, en plein territoire païen. Mais sa réputation de guérisseur l’a précédé et on lui amène un sourd-muet pour  » qu’il pose la main sur lui ».  Or, au lieu de faire ce simple geste, il opère différemment.

Jésus emmène l’infirme à l’écart, sans doute de peur que la foule ne se méprenne sur la signification de ce geste. Il touche les oreilles et la langue du malade. Il lève les yeux au ciel pour prier son Père. Il soupire – peut-être à cause du peu de foi de cet homme – et prononce la parole : « Ouvres-toi  ! ».

La lecture de ce récit nous entraîne au-delà la simple guérison physique, au demeurant bien réelle. Elle a valeur de signe. Jésus parle et agit comme Messie de Dieu. Il inaugure le royaume de son Père. S’il est en terre païenne, c’est parce que son message s’adresse à tous les hommes et l’Église à une vocation universelle. Marc est le disciple de Pierre et compose son évangile pour les chrétiens de Rome, issus en grand nombre du paganisme, finalement pour nous tous.

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