Frères et soeurs dans le Seigneur,
Quelle belle page d’évangile, inépuisable comme un puits profond ! Les puits, les sources donc, sont des points de rencontre dans la Bible. Jésus est fatigué par la route. Il est pleinement homme, humain. Il connaît nos fatigues. Fatigues physiques, corporelles. Sans doute aussi les fatigues psychiques, liées aux épreuves de l’existence. Le Christ, dit l’épître aux Hébreux, « grand prêtre miséricordieux et fidèle, est capable de venir en aide à ceux qui sont éprouvés » (cf. Hé 2, 17b.18b). La rencontre avec la Samaritaine en est encore une preuve. Cette femme est la figure de l’humanité livrée à elle-même, plein de désordre. Nul n’est trop loin pour Dieu. Jésus est venu chercher ce qui est perdu.
Donne-moi à boire, dit notre Seigneur. Donc, implicitement, « J’ai soif », cette parole qu’Il dira du haut de la croix. Cette demande, apparemment banale, de la bouche de Jésus – bien que : s’adresser à une femme de Samarie n’est pas ordinaire du tout pour un Juif pratiquant – cette demande va déclencher toute une conversation à partir de la rencontre de deux soifs et qui va aller en profondeur jusqu’à dévoiler l’identité des personnes en présence. Le Christ sait donc comment s’y prendre avec l’humain. Il va des nécessités quotidiennes – symbolisées par la soif et l’eau – aux désirs profonds qui habitent le coeur de l’homme. Jésus va révéler à cette femme, dont nous ne connaissons même pas le nom, son désir intime de lumière, de paix, d’amour, de beauté et de vérité. Ces cinq maris n’ont pas pu étancher sa soif de bonheur ! Les exégètes nous disent que ces cinq maris sont une allusion aux dieux importés par cinq peuplades païennes. En tout cas, au plan religieux aussi, le Christ va inviter la femme à franchir le pas en adorant Dieu en esprit et en vérité, par le culte extérieur et intérieur.
Si tu savais le don de Dieu ! « La prière, que nous le sachions ou non, est la rencontre de la soif de Dieu et de la nôtre. Dieu a soif que nous ayons soif de lui » (CEC n° 2560). Jésus veut ainsi éveiller dans la conscience de la Samaritaine – qui représente nous tous – le sens de la présence divine en faisant découvrir Dieu à l’intérieur de nous-même, au plus secret de la conscience, comme une source qui jaillit en vie éternelle (cf. M. Zundel). Le Seigneur connaît notre besoin d’être aimé, d’être acceptés sans conditions, d’être pardonnés.
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