En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »
Jésus ne cesse de s’exprimer par tout son être. Ainsi, dans ce passage, quand il enseigne, il se tient assis. Mais lorsqu’il subit l’agression de ses ennemis qui veulent dégrader son image auprès du peuple, Jésus va adopter une attitude d’humilité. Il va rester accroupi. Cette attitude nous interroge d’autant plus que par deux fois, seulement, il va se redresser et parler. Son attitude corporelle signifie quelque chose. Durant la Passion, il ne pourra que peut s’exprimer par la parole, son corps sera pour lui un vecteur d’expression.
Peut-être que nous pouvons entrer dans l’intelligence de ce qu’il exprime à partir des trois attitudes qui expriment la complexité de notre être croyant : royale, prophétique ou sacerdotale. Alors nous pouvons nous dire que Jésus devant l’agression qu’il subit de la part des scribes et des pharisiens habite son être sacerdotal. Il reçoit et offre à son Père en silence son existence, sa situation. C’est de cette relation profonde qu’il peut émerger en se levant pour aider à la prise de recul de ses adversaires. Là il prend une posture prophétique pour interpeller la liberté de ses proches. Il choisit le moment, se retire pour que chacun chemine par lui-même…
Le temps passant, il se retrouve seul avec la femme condamnée. Il se redresse encore et il profère une parole d’autorité, expression royale. Dans cette situation, par son énergie, il imprime une nouvelle direction.
Fort de ces trois attitudes, perçues et décryptés, nous pourrons lors de la semaine sainte peut être mieux percevoir les attitudes de Jésus dans son silence, dans ses regards, dans ses gestes, dans ses paroles… Nous pourrons peut-être percevoir que nous pouvons nous les approprier nous-mêmes.
Jean-Luc Fabre, extrait du site https://jardinierdedieu.fr/
