Nous sommes toujours dans la même situation d’une communication difficile entre Jésus et ses disciples… Ne nous leurrons pas. Cela se manifeste, aujourd’hui, dans le cadre d’une controverse avec les pharisiens, elle se poursuit avec les disciples « à la maison » où il leur redit la même chose qu’aux pharisiens, ce qui indique qu’ils avaient bien la même position butée que les pharisiens… cela reviendra avec la colère de Jésus envers les disciples à l’occasion de la présentation d’enfants et de leur barrage… Oui il y a quelque chose qui n’est pas fluide entre Lui et eux… pourtant Jésus avance, dit ce qui compte pour lui, donne le sens… D’une certaine manière, mesurer la situation relationnelle entre lui et ses disciples peut nous aider à encore mieux percevoir ce qui compte pour Jésus, mieux comprendre ce qui a du prix pour lui, mieux le comprendre, le connaître… Nous le savons bien c’est de là que naissent les vrais attachements. Lorsque l’autre se dit en vérité dans la difficulté… nous pouvons sentir ce qui compte pour lui.
Jésus dans la controverse sur la répudiation comme pour le contact avec les enfants renvoie à l’essentiel… il parle du « commencement de la création », il demande à ce que « nous accueillons le royaume de Dieu à la manière d’un enfant »… L’enfant, c’est celui qui n’est pas figé dans des attitudes, c’est celui qui écoute encore vraiment ce qui lui arrive, qui ne comprend pas tout, qui ne juge pas à partir de son modèle… comme au commencement de l’humanité, loin des compromis de l’âge, de l’endurcissement de la vie… Invite est faite aux disciples de quitter cette manière figée de vivre, de se laisser déplacer par ce qui leur arrive dans le contact avec Jésus… Si nous percevons cette visée de Jésus nous pouvons alors aller plus profond vers la réalité de notre humanité, recevoir cette humanité nous donnera de pouvoir nous ouvrir à lui et à sa parole…
De quoi Jésus nous parle-t-il ? Que nous dit-il ? De ce qui est le plus précieux dans le mystère de l’humanité, de ce qui fait vivre l’homme, de ce dont il n’est pas possible de faire l’économie au risque de ne plus vivre, de n’être plus qu’un mort vivant : la rencontre… Dieu n’a pas achevé l’homme. Il a donné par la sexualité la possibilité de s’achever lui-même dans la rencontre de l’autre. Pour l’entendre lui, nous avons à nous ré-ouvrir à ce niveau de notre humanité, à cet inachèvement en nous… redevenir cet enfant ouvert sur ce qui surgit… cet enfant embrassé par le Seigneur, béni par le Seigneur… Parlons lui cœur à cœur…
Jean-Luc Fabre, compagnon jésuite, extrait du site https://jardinierdedieu.fr/
